Doux ou secs

Les stocks des vins du Roussillon se sont apurés

Mardi 18 octobre 2016 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 21/10/2016 16:12:42

Ici, le mixologue propose un rivesaltes infusé au basilic et allongé avec du tonic.
Ici, le mixologue propose un rivesaltes infusé au basilic et allongé avec du tonic. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
À l’occasion de leur désormais traditionnelle présentation parisienne qui se tenait le 17 octobre, les vins du Roussillon ont dressé un portrait optimiste du marché des vins de la région. La stratégie guidée par l’interprofession semble payante.

Entre 2011 et 2015, les stocks tous vins confondus (Vins doux naturels et vins secs) sont baissés de 1,4 million d'hl à 1,25 million d’hl. Ce repli est surtout lié à la baisse des stocks de vins doux naturels (593 900 hl), les vins secs ayant un stock stable sur la période. « Aujourd’hui, nous maîtrisons nos stocks. À l’origine, nous les subissions, notamment pour les vins doux naturels. Mais aujourd’hui, nous sommes parvenus à les rééquilibrer. 20 000 hl concernent les vieux millésimes. Le reste concerne les stocks liés aux 36 mois d’élevage obligatoire, tout en permettant 8 mois de disponibilité nous permettant d’alimenter le marché » explique Roger Torreilles, président de l’ODG des Vins doux naturels du Roussillon. Mais cet équilibre semble fragile. 145 960 hl de vins doux naturels ont ainsi été produits en 2015 pour une commercialisation de 83 millions de cols (622 500 hl). N’y a-t-il pas à terme un risque sur l’approvisionnement du marché ? Pour Roger Torreilles, il n’y a pas de craintes à avoir. Les parcelles de vins secs sont facilement orientables vers une production de vins doux naturels : il suffit de laisser mûrir le raisin trois semaines de plus.

Objectif valorisation pour les vins doux naturels

Reste que la limite du raisonnement est le prix. Si les prix des vins secs et des vins doux naturels, en cœur de gamme, continuent à presque se superposer, (120 euros/hl pour les vins secs, 140 euros/hl pour un Rivesaltes), les producteurs seront plus attirés par les vins secs dont la meilleure rentabilité est assurée par des rendements supérieurs dans une région où la productivité des vignes est l’une des plus faibles de France.

La question de la valorisation reste donc au cœur de la stratégie proposée par le Centre interprofessionnel des vins du Roussillon autour de deux axes. D’une part, elle se joue à l’international sur les marchés tiers pour une région très orientée sur la vente directe. En tout, la région exporte 8 millions de cols mais les vins doux naturels franchissent très peu les frontières hexagonales : seuls 4 % des volumes commercialisés le sont à l’étranger. L’interprofession voit en l’étranger l’opportunité de valoriser les vieux millésimes sur le haut de gamme car ceux-ci sont souvent victimes de droits d'accises très élevés, équivalent à ceux des spiritueux. Le second axe s’appuie sur la créativité pour créer de nouveaux modes et instants de consommation. Le Muscat de Rivesaltes est proposé on ice, le Rivesaltes avec du tonique, les Maury et Rivesaltes à base de grenache sont associés au chocolat… Et Fabrice Rieu, président du CIVR d’expliquer : « Notre but : dépoussiérer l’image des vins doux naturels et bousculer les codes ». Vitisphere a goûté un Rivesaltes agrémenté de gingembre et de tonique, rafraîchissant et intéressant…

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