Conséquence de la chasse aux pesticides

Paris, terre d’élection des cépages résistants

Mardi 11 octobre 2016 par Bertrand Collard

Sylviane Leplâtre, consultante en viticulture et en oenologie pour la ville de Paris
Sylviane Leplâtre, consultante en viticulture et en oenologie pour la ville de Paris - crédit photo : B. Collard
En raison de la loi qui interdit tout traitement dans les jardins publics à partir de l’an prochain, les cépages traditionnels disparaissent des jardins parisiens, remplacés par des cépages résistants.

Adieu Paris ! Pinots noirs et meuniers, chardonnays et sauvignons sont appelés à disparaître des cinq vignes parisiennes. Depuis 2013, ces variétés traditionnelles sont remplacées peu à peu par des cépages résistants au mildiou et à l’oïdium.

"Tous les produits de traitement sont déjà interdits "

"Tous les produits de traitement sont déjà interdits dans les jardins publics parisiens, explique Sylviane Leplâtre, consultante en viticulture et en œnologie pour la ville de Paris. Jusqu’à présent, nous avons obtenu des dérogations pour pouvoir continuer à employer du cuivre et de soufre sur les vignes. L’oïdium, surtout, est un problème à Paris. Nous ne savons pas si nous obtiendrons encore des dérogations pour appliquer du cuivre et du soufre en 2017. »

En effet, une loi votée en juillet 2015 interdit l’usage des produits phytosanitaires par l’État et les collectivités locales pour l’entretien des espaces verts à partir de 2017. Les quelques centaines de cépage qui peuplent cinq jardins publics parisiens vont en faire les frais.

"Un faible pour le Cal 6-04"

Leur remplacement a déjà commencé. A Montmartre, dans la plus grande vigne de la capitale, qui compte 1700 pieds de vigne de divers cépages, « nous avons fait planter 350 à 400 plants résistants en remplacement des manquants », explique Sylviane Leplâtre.

A Bercy, un tiers des pieds ont déjà été renouvelés. « Nous avons un programme de plantation pour éliminer totalement les cépages sensibles traditionnels », poursuit Sylviane Leplâtre.

L’agronome a fait planter plusieurs obtentions suisses et allemandes : Cal 6-04, Cabernet Jura, Cabernet noir, Cal 1-14, Pinotin et Divico qui ont donné leur première récolte cette année. A vu des premiers résultats, elle a un faible pour le Cal 6-04, une obtention du Suisse Valentin Blattner. « Il donne des vins très fruités et aromatiques, avec une base de fruits exotiques », affirme-t-elle.

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