De plus en plus restrictif

Le projet de texte encadrant les traitements phytosanitaires est explosif

Mardi 04 octobre 2016 par Christelle Stef
Article mis à jour le 05/10/2016 11:22:02

Les règles qui encadrent les traitements phytosanitaires pourraient se durcir
Les règles qui encadrent les traitements phytosanitaires pourraient se durcir - crédit photo : Christelle Stef
Les ministères de l’agriculture, de l’environnement et de la santé ont élaboré un nouveau texte qui encadre les traitements phytosanitaires. Parmi les propositions : l’introduction de nouvelles ZNT en bordure des haies, bosquets, forêts et des habitations.

L’arrêté du 12 septembre 2006 qui fixe les conditions d’application des traitements phytosanitaires a été annulé en conseil d’Etat cet été . Les ministères de l’agriculture, de l’environnement et de la santé ont donc élaboré un nouveau texte. « C’est un projet explosif et révolutionnaire », indique d’emblée Eric Thirouin, le président de la commission environnement de la FNSEA. Premier point d’achoppement : les zones non traitées ou ZNT. Les ZNT « eau » seraient ainsi élargies et concerneraient également les fossés. Mais le gouvernement introduit également des ZNT « adjacentes » en bordure des haies, bosquets et forêts. Il souhaite également mettre en place une ZNT de 5 à 20 mètres le long des habitations. « Nous avons calculé à minima que cela engendrerait une perte de 4 millions d’hectares toutes cultures confondues, soit 7 milliards d’euros de chiffre d’affaire », insiste Eric Thirouin.

Exit l'échelle de Beaufort

Deuxième point qui hérisse la profession : la modification des modalités de calcul de la vitesse du vent. Dans l’arrêté du 12 septembre, les agriculteurs l’estimaient selon l’échelle de Beaufort basée sur un contrôle visuel. Dans le projet du gouvernement « ils devraient la mesurer avant chaque traitement pendant 10 minutes à la hauteur de la culture avec un anémomètre et elle ne devrait pas dépasser 19 km/h ». Un exercice qui s’avérerait très périlleux pour un arboriculteur obligé de contrôler cette vitesse au niveau de la cime des arbres.

Davantage de produits avec un DRE de 48 h

Troisième point qui inquiète la filière : les délais de rentrée dans les parcelles après le traitement. Dans le projet du gouvernement, la liste des produits dont le délai est de 48 h serait ainsi allongée. Un point positif tout de même : pour les produits dont le délai est de 24 h ou 48 h le projet laisse la possibilité de rentrer après 8 h  avec un EPI (Equipement de protection individuel) en cas de circonstances exceptionnelles.

Si ce texte était voté en l’état, toute la filière serait pénalisée y compris les bios. Des discussions ont donc lieu actuellement dans le cadre de la commission de rénovation des normes agricoles.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
VOS RÉACTIONS
FakirJJ Le 13 octobre 2016 à 17:19:30
Il y a certainement beaucoup plus de cancers (sans compter les suicides) causés dans le milieu agricole par la situation économique, aggravée par le côté anxiogène des réglementations issues des cerveaux très créatifs de nos fonctionnaires et de nos politiciens, que par l'exposition aux produits de protection des plantes. Si seulement cette créativité pouvait être utilisée pour développer les activités et l'emploi...
rol Le 12 octobre 2016 à 10:31:06
45....c'est le nombre de traitements phyto faits par un BIO du Medoc cette saison ....et 11 c'est la moyenne des traditionnels......Pas de commentaire....Désolé de ne pas en dire plus mais je suis tres occupé par mon planning quotidien et il me reste encore 15 enfants à massacrer pour finir ma journée....
Stephane Le 10 octobre 2016 à 20:13:09
vous avez raison M. vigneron-vigneronnant, si les politicards et commissaires venaient faire un ptit stage dans les vignes, on pourrait espérer voir poindre un peu de lucidité... et j'espère bien qu''ils voteraient l'interdiction de ces produits phyto chimiques tueurs d'enfants, destructeurs de notre environnement et de nos eaux, notre air, notre biodiversité, et de l''image du vin en général ! Alors arrêtons de pleurnicher sans aucune considérations de nos consommateurs et de nos employés viticoles, et passons tous au bio !
craoux Le 08 octobre 2016 à 14:13:52
Cher "plaud" ... je pense sincèrement que vous devriez méditer sur le sens du très pertinent commentaire de Sissi patal ... c'est à se demander d'ailleurs si la viticulture "moderne" a vraiment besoin de défenseurs de votre calibre ! .. à moins - j'en fais l'hypothèse - que votre commentaire ne soit qu'une plaisanterie lourdement appuyée (qu'est-ce que je rigole !!!).
plaud Le 06 octobre 2016 à 12:52:24
le monde agricole traverse deja une crise sans precedent pour l annee 2016 beaucoup d exploitations vont disparaitres et nos incapables de politicars et technocrates qui ne savent rien du vrais travail vont encore nous emmerder avec leurs nouvelles normes de znt et de reglementation phytos pour faire plaisir a des bobos il va falloir la faire la revolution
Sissi patal Le 06 octobre 2016 à 08:13:39
Allons y traitons toujours plus et partout.. Au bord de l'eau, près des écoles. Il y a juste un petit souci : notre image et celle de nos produits, les consommateurs, ces gros benêts, qui se tournent de plus en plus vers le bio. Est ce qu'on se tirerait pas une balle dans le pied, en plus de cultiver notre cancer (et celui de nos riverains... ) ?
kasido Le 06 octobre 2016 à 06:47:46
à force de mettre des contrainte , le ra le bol des producteurs est présent les produits qui arrive de l’Espagne, chili ,argentine , Belgique sont traité avec des produits interdit en France avoir les vers au gouvernement , il faut faire un traitement efficace , période de traitement 2017
vigneron-vigneronnant Le 05 octobre 2016 à 22:39:38
IMAXAKl serait opportun de voir sieger des professionnels dans les commissions . Peut être qu'en obligeant les technocrates et conseillers de tout poil à réaliser un" stage 6 mois" sur une exploitation, on verrait poindre une lueur de lucidité dans leurs textes... En attendant, les professsionnels vont devoir réapprendre à faire de la résistance. Car dorénavant, leur sors est entre leurs mains....
Vit65 Le 05 octobre 2016 à 21:59:56
Ils commencent a nous agacer que se passe t-il en Espagne en Roumanie.....qu'elles sont leurs règles on est déjà chargés surtaxes.
maitre Le 05 octobre 2016 à 16:07:03
Faisant de la vigne mi haute je vais devoir prendre un escabeau pour faire les mesures plus harnais évidement attaché à un nuage. Combien gagnent les gogos qui ponde cela?
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé