Nouveau PDG de l’INRA

Philippe Mauguin, pour le transfert accéléré des cépages résistants

Mardi 16 août 2016 par Alexandre Abellan

Ayant causé un vif ressentiment parmi les agents de l’INRA (pétitions et tracts à l’appui), la candidature de Philippe Mauguin a été controversée à cause de son lien avec l’actuel ministre de l'Agriculture (dont il a été le directeur de cabinet de 2012 à 2016) et de son absence de doctorat (il est ingénieur des ponts, des eaux et forêts).
Ayant causé un vif ressentiment parmi les agents de l’INRA (pétitions et tracts à l’appui), la candidature de Philippe Mauguin a été controversée à cause de son lien avec l’actuel ministre de l'Agriculture (dont il a été le directeur de cabinet de 2012 à 2016) et de son absence de doctorat (il est ingénieur des ponts, des eaux et forêts). - crédit photo : INRA
Passées sous le pudique voile du principe de responsabilité, les précautions de l’INRA vis-à-vis du déploiement de nouvelles variétés dans le vignoble pourraient être révisées, à l’arrivée d’une nouvelle direction.

Succédant à François Houllier (qui n’a pas été reconduit, malgré sa candidature), Philippe Mauguin est devenu, par décret, le nouveau PDG de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA). Dépendant du Ministère de l’Agriculture, l’INRA a notamment un rôle de premier plan dans la recherche publique en viticulture. A commencer par l’innovation variétale, où l’institut a pris la décision de ne pas diffuser les cépages résistants au mildiou et à l’oïdium obtenus dans les années 1990-2000 par le défunt chercheur Alain Bouquet (conservés à l'INRA de Pech Rouge). Jouant la sécurité, les chercheurs prennent le temps du pyramidage des gènes de résistance (travaux de l’INRA de Colmar).

"Une forme de non-décision"

Présentant sa candidature devant la Commission des Affaires Economiques de l’Assemblée Nationale, ce 13 juillet, Philippe Mauguin a ainsi été interpelé sur ce dossier qui crée tant d'impatiene dans le vignoble. Le député André Chassaigne* lui a ainsi demandé d’exprimer sa position face à « la forme de blocage, quant à l’expérimentation à grande échelle et au transfert dans le vignoble française de ses recherches », de l'INRA.

Reconnaissant l’enjeu stratégique des nouveaux cépages résistants, la réponse de Philippe Mauguin se voulait équilibrée, tout en trahissant une volonté de mettre un coup d’accélérateur . « Je suis évidemment favorable à ce que les travaux de Colmar et de Pech-Rouge soient transmis à la communauté des vignerons, qui attendent et parfois trépignent, dans les délais les plus courts. En respectant évidemment la biosécurité. »

Une innovation en co-construction

A noter que dans son discours préliminaire, Philippe Mauguin plaide plus largement pour une co-construction des programmes de recherche. « Ça ne peut plus être un modèle linéaire, où l’on a de magnifiques recherches en laboratoire. Qu'après on passe aux instituts techniques. Qui ensuite les passent aux chambres d’agriculture. Et qui, un jour, en informent les agriculteurs... » lance-t-il.

 

* : Sur la vidéo de l’audition parlementaire, l’interpellation par le député a lieu vers la quarante-cinquième minute. La réponse du candidat arrive après une heure et vingt-sept minutes.
 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé