Doses et engrais foliaire

Rappels à l’ordre sur le bon usage du cuivre

Vendredi 08 juillet 2016 par Alexandre Abellan

 « Le cuivre, ce n’est pas une matière active anodine » rappelait Jacques Grosman, ce 7 juillet, lors d’une conférence du salon Tech & Bio animée par Sylvie Dulenc. « Le cuivre, ce n’est pas une matière active anodine » rappelait Jacques Grosman, ce 7 juillet, lors d’une conférence du salon Tech & Bio animée par Sylvie Dulenc. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Les dernières précisions de la Commission intrants biologiques de l'Inao font un rappel à l'ordre pour se conformer à la réglementation en matière d'utilisation d'engrais foliaires à base de cuivre ainsi que sur le respect du nombre d'applications lors du fractionement.

Se réunissant ce 6 juillet, la Commission Intrants Bio de l’Inao a précisé dans son guide de lecture sur la viticulture biologique deux points concernant les traitements au cuivre. Il s’agit d’un rappel au strict respect des Autorisations de mise sur le marché (AMM) des préparations de cuivre, pour harmoniser les exigences de contrôle entre les organismes certificateurs. La Commission indique ainsi que le calcul des doses annuelles de cuivre doit comptabiliser l’utilisation des engrais foliaires contre le mildiou et que, pour respecter l'AMM, le fractionnement des doses d’une préparation ne doit pas aller au-delà du nombre maximal d’applications.

== Respect des étiquettes

En Aquitaine l’an dernier, 21 % des viticulteurs bio sondés utilisent des engrais foliaires en complément de leurs traitements en cuivre d’après le sondage Résaq Bio (auprès de 130 sondés). « A ma connaissance, il n’existe pourtant pas de carences viticoles en cuivre » pose Jacques Grosman, le référent vigne à la Direction Générale de l’ALimentation (DGAL). Pour lui, il est clair que l’usage des engrais foliaires pour prévenir le développement de mildiou est un « mésusage. Les engrais foliaires n’ont pas un statut de phytosanitaires. C’est un détournement de la réglementation » prévient-il.

Mais si la DGAL ne s’est pas encore positionnée sur le sujet, la Commission intrants biologiques vient de réviser son guide de lecture bio en ce sens. « Pour tout cas de mésusage, il doit [désormais] y avoir une comptabilisation dans les doses annuelles de cuivre » rapporte Sylvie Dulenc, la chargée de mission agriculture biologique à la Chambre d’Agriculture de l’Hérault.

De même pour le fractionnement des doses : souvent, les vignerons bio réduisent la dose maximale indiquée sur les AMM, mais réalisent plus d’applications que le nombre fixé par l’AMM (sans dépasser au global la dose maximale totale). Pour Jacques Grosman, « la règle générale est de ne pas apporter plus que la dose maximale ou que le nombre d’applications.»

Pour la Commission intrants biologiques, « les prescriptions indiquées dans les AMM sont à respecter, notamment dans les doses maximales d’applications et le nombre maximal d’applications » détaille Sylvie Dulenc.

Tenant à la sévérité des organismes certificateurs, ces rappels poussent les consultants viticoles à s’adapter. « Je conseille une évolution des pratiques, pour changer les préparations et en utiliser deux à trois là où certains n’en utilisaient qu’une » rapporte ainsi Eric Maille (AgroBio Périgord).

« Je suis moi-même incapable de répondre à toutes ces questions »

Dès qu’il est question de cuivre en viticulture biologique, on retrouve en toile de fond l’enjeu du réexamen par l’ANSES des AMM actuelles. S’il n’y a toujours pas de calendrier sur le sujet, « les autorisations de mise sur le marché restent en vigueur » martèle Jacques Grosman. Pour le cuivre, l’expert rapporte que l’ANSES considère non seulement les questions, assez classiques, de l’inhalation par les opérateurs et de traitement des populations non-cibles (faune aquatiques, vers de terre…), mais aussi « de nouveaux risques ont été soulevés par une étude canadienne, sur la pénétration percutanée des opérateurs ».

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