LE FIL
Vous devez être connecté pour selectionner cet article dans vos contenus sauvegardés.
x

Côtes de Provence

L'agrandissement du vignoble bloqué par la réglementation environnementale

Jeudi 23 juin 2016 par Juliette Cassagnes

L'extension du vignoble provençal est confrontée aux multiples réglementations environnementales
L'extension du vignoble provençal est confrontée aux multiples réglementations environnementales - crédit photo : site tourisme-varois.com
L'assemblée générale de l'ODG des Côtes de Provence du jeudi 16 juin 2016 a été l'occasion de procéder à un tour d'horizon des sujets d'actualité dans le vignoble de l'appellation : protection du nom, droit de l'environnement et plantation de nouvelles vignes, ou encore VCI. Interview de son directeur, Nicolas Garcia.

Quels sont les sujets de préoccupation actuels des Côtes de Provence ?

Nicolas Garcia : L'un des sujets stratégiques et prioritaires est la défense du nom « Provence ». Nous venons par exemple de remporter une victoire contre la société Eyguebelle, mais d'autres cas nous préoccupent à l'international : en Irlande, en Bulgarie, aux Etats-Unis, etc. Nous avons décidé la mise en place d'une cotisation spécifique au niveau de l'ODG, de 8 cts/ hl maximum, pour la protection juridique de notre appellation.

Un autre sujet sur lequel nous travaillons concerne le droit de l'environnement, appliqué de plus en plus sévèrement. Nous sommes concernés car il existe beaucoup de zones réglementées dans l'aire délimitée : loi littoral, Natura 2000, zone boisées classées. Cela implique de fortes contraintes environnementales qui pèsent sur notre appellation. Les espaces boisés représentent environ 35 % de l'aire délimitée, soit une zone d'environ 20 000 hectares, avec des règles environnementales qui nous empêchent de la cultiver. Notre objectif n'est pas de supprimer la forêt ou de multiplier par deux les surfaces, mais de trouver des solutions à l'évolution de notre vignoble ; l'idée serait de pouvoir remettre en culture une centaine d'hectares environ, sur les 400 000 que couvre la forêt ! Nous allons travailler avec la DDT, l'administration, pour trouver des solutions sans déroger aux règles.

Enfin le dossier « effervescent rosé » est également stratégique. Le conseil d'administration a validé à l'unanimité la volonté d'avancer sur le dossier. Son bon développement nécessiterait une reconnaissance en AOP. L'association de vignerons producteurs, l'AREP, a sollicité l'ODG afin de constituer le dossier que l'on souhaite transmettre à l'INAO courant 2017.

Quid du sujet de l'apport de terre exogène (déchets du BTP) qui a fait l'objet d'une forte médiatisation ces derniers mois ?

Nicolas Garcia: Eric Pastorino a rappelé la fermeté de l'ODG sur le sujet. Nous constituerons un dossier de déclassement dès que des irrégularités seront constatées. Jusqu'à présent, une demande dans ce sens a été envoyée à l'INAO pour plusieurs parcelles, représentant 11 hectares. Je rappelle qu'il s'agit de parcelles classées en AOP mais non plantées ou sinon de jeunes vignes non productives... 11 hectares sur les 60000 ha de l'aire délimitée, cela reste donc très minime !

Où en est l'expérimentation sur le VCI en rosé ?

Nicolas Garcia: Nous sommes en deuxième année sur un total de cinq que dure l'expérimentation. Pour le moment, deux millésimes, 2014 et 2015, sont concernés. En 2015, une dizaine d'opérateurs se sont portés volontaires, pour un volume d'environ 3000 hectolitres de vin. En terme de qualité, le millésime 2014 a été dégusté en début d'année 2016. Certains vins sont de bonne qualité...Mais il faut attendre encore deux ans pour pouvoir en tirer une réelle conclusion.

Plus généralement, il y a un frein à son usage par les opérateurs provençaux, qui trouvent le dispositif compliqué et pas adapté aux vins rosés. Il faut que nous arrivions à mieux l'expliquer, de façon pragmatique, et qu'ils prennent le temps de le découvrir. Le but de l'expérimentation est en effet d'identifier ce qui pourra être adapté.

Un point sur la conjoncture actuelle en rosés Côtes de Provence ?

Nicolas Garcia: La commercialisation du millésime 2015 se poursuit normalement. Les sorties vrac sont à peu près stables et l'export continue sa progression. Il est à noter, phénomène nouveau cette année, une fourchette de prix qui s'est mise en place sur le marché vrac, selon les segments de marché et de la qualité des vins. Le seul point sur lequel nous nous devons d’être vigilants est la morosité ambiante du marché français.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé