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A l'étude

Ampelomyces, nouvel agent de bio-contrôle testé contre l'oïdium

Lundi 06 juin 2016 par Juliette Cassagnes

Conidiophore d’oïdium parasité par Ampelomyces quiscalis.
Conidiophore d’oïdium parasité par Ampelomyces quiscalis. - crédit photo : IFV
Utiliser un champignon pour lutter contre un autre. C'est le principe actuellement étudié par l'IFV Val de Loire, sur « Ampelomyces quisqualis », un parasite de l'oïdium de la vigne. L'objectif : parvenir à réduire la pression oïdium dès son émergence sur la parcelle, et ainsi réduire les traitements phytosanitaires « conventionnels ».

L'IFV du Val de Loire a démarré en 2015 un nouveau programme d'étude sur un champignon capable de lutter contre l'oïdium. Son nom : « Ampelomyces quisqualis ». Celui-ci est étudié depuis longtemps, et autorisé en Italie dans le biofongicide « AQ10 WG », mais son efficacité n'est que partielle, d'où sa non-homologation en France.

L'objectif des travaux de recherche conduits par l'équipe française est de trouver de nouvelles pistes d'utilisations pour ce micro-organisme, afin de réduire la pression oïdium, donc les volumes et les fréquences de traitements anti-oïdium « traditionnels ». Mais comme ce champignon est un parasite obligatoire - il ne peut se développer qu'en présence d'oïdium -  l'idée de l'IFV est donc d'implanter des plantes hôtes sensibles à une autre espèce d'oïdium, et d'y inoculer Ampelomyces. « Ce dernier pourra alors lutter contre l'oïdium de la vigne au moment de son émergence », précise David Lafond, ingénieur de recherche.

Les premiers résultats attendus pour fin 2016

Les essais, lancés depuis 2015, portent sur le trèfle violet implanté dans l'inter-rang et préalablement inoculé. Des mesures seront ensuite réalisées par PCR, afin de détecter la contamination éventuelle des foyers d'oïdium de la vigne par Ampelomyces. L’intérêt d’A.quisqualis est aussi de pouvoir parasiter les cleistotheces à l’automne pour limiter l’inoculum d’oïdium l’année suivante. 

L’essai en cours est une première approche qui vise à vérifier si le champignon peut se conserver sur la parcelle, et se transférer à la vigne. « Le projet arrive dans sa troisième et dernière année, mais les études se poursuivront en Val-de-Loire grâce à d’autres financements », précise David Lafond.  Si ces premiers essais en "conditions contrôlées" sont concluants, la réflexion se portera alors cette fois à l’échelle de la parcelle, afin de réfléchir aux pratiques à mettre en œuvre par un vigneron pour assurer la meilleure conservation possible d’Ampelomyces.

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