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Pari tenu

Une Cité du Vin aussi multiple que multimédia

Mercredi 01 juin 2016 par Alexandre Abellan

Débarquant par la Garonne, les premiers visiteurs de la Cité du Vin en découvraient les rondeurs sous les arches du pont Chaban Delmas.
Débarquant par la Garonne, les premiers visiteurs de la Cité du Vin en découvraient les rondeurs sous les arches du pont Chaban Delmas. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Ouvrant ce premier juin, la Cité du Vin a achevé de se dévoiler la veille. Avec une scénographie innovante, ce navire oenotouristique présente un contenu aussi pédagogique que conséquent.

Ses premiers visiteurs sont unanimes : la Cité du Vin met le paquet sur le multimédia. Un luxe de technologies et d’inventivité il est vrai permis par un budget conséquent : 6,6 millions d’euros pour la scénographie et 4,9 millions € pour la production multimédia (sur une enveloppe globale de 81,1 millions d’euros à livraison). A la hauteur des attentes, le parcours permanent du musée propose une scénographie résolument moderne. « Il n’y a pas de sens de visite. L’idée, c’est de découvrir le parcours comme on le veut, selon ses centres d’intérêt » explique Amélie Messadau, médiatrice culturelle à la Cité du Vin*.

Chaperonné individuellement par un « compagnon de voyage » spécialement conçu (un écran tactile et des écouteurs), le visiteur navigue d’un module interactif à l’autre, qu’il s’agisse tablettes tactiles, de projections ou d’animations plus originales. Comme Planète Vin, constitué de cinq globes, chacun surmonté d’une tablette servant de loupe. En tournant la mappemonde, le visiteur parcourt les pays et voit s’afficher les informations sur la consommation du pays, ses cépages autochtones, son aptitude climatique à la viticulture, son patrimoine viticole…

Dix heures de contenu pour le parcours permanent

Au-delà de la performance technologique, la densité du contenu marque l’esprit. Le parcours déborde d’informations et de sollicitations. Ce qui répond à la volonté affichée de la Cité du Vin de ne pas chercher à tout apprendre aux visiteurs, mais de le mettre en contact avec la diversité culturelle du vin. « La visite se fera souvent en deux heures, deux heures et demi. Mais dans le cahier des charges, on avait un contenu de plus de 800 pages ! » s’amuse Laure Cheung, coordinatrice de projet pour le cabinet Casson Mann (qui a remporté l’aménagement intérieur de la Cité du Vin). Sur la dizaine d’heures de documents disposés dans le parcours permanent, le visiteur ne fera donc que les effleurer.

Il restera à chaque touriste de juger de son expérience entre l’ivresse de l’excédent ou le trop-plein de frustration. Si l’impression de ne pas avoir vu tout le parcours peut donner à la visite un goût de revenez-y, l’enjeu pour le musée est de maintenir l’attractivité de son offre sur la durée. « La volonté de la Cité du Vin est de renouveler son dispositif au fur et à mesure, pour intégrer les dernières technologies » rapporte ainsi Laure Cheung.

Une plate-forme oenotouristique pour Bordeaux

Sous-titrée « un monde de cultures », la Cité du Vin réussit également son pari de traiter de l’ensemble des vignobles. Sans pour autant passer sous silence son ancrage girondin. Les deux modules concluant le parcours permanent sont dédiés à l’histoire du vignoble et du négoce bordelais. Et annoncent le panorama sur Bordeaux, offert depuis le Belvédère lors de la dégustation d’un verre de vin (inclus dans le pass à 20 €).

Une dégustation avant d’aller visiter les vignes bordelaises espère la filière bordelaise, qui a soutenu le projet (7 % du budget est financé par le Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux). C’est à cette fin qu’est installée au rez-de-chaussée la plate-forme oenotouristique Bordeaux Wine Trip : « c’est la porte d’entrée du vignoble, pour accéder à ses routes du vin. On propose des circuits et offres de séjours directement réservables » explique Christophe Berteaux, conseiller en séjour attaché à la Cité du Vin.

L’idée de créer une tête de pont oenotouristique est l’ambition d’autres vignobles, comme les cités du vin en projet à Beaune et Dijon. « Bienvenue aux autres initiatives, plus on sera nombreux à parler du vin sous toutes ses formes, mieux ce sera. En espérant que la Bourgogne ait un discours aussi universel qu’ici » taquine Bernard Farges, le vice-président de la Cité du Vin ( en tant que président du CIVB).

 

* : Apportant une aide précieuse dans  dans animation des ateliers thématiques de dégustation (la Cité en compte sept).

Les mécontents de la Cité du Vin, restés à quai

Attirant un cortège contre la loi travail, la venue du président a également été émaillée par un manifestation contre l’utilisation de pesticides dans le vignoble. Notamment organisée par les Amis de la Terre Gironde, cet happening a créé une « zone de crime aux pesticides » pour dénoncer les risques sanitaires auxquels sont exposés ouvriers viticoles et riverains. Prenant la forme d’un die-in, ou simulation de mort, cette manifestation est « un succès » pour l’activiste Valérie Murat. « 200 personnes se sont réunies à midi pour cette action visuelle forte, sans le moindre heurt. C’est un coup de pression politique réussi. Le matin on a été reçu par une représentante de l’Elysée à la Préfecture pour recevoir nos revendications. On attend de ses nouvelles maintenant… »

A noter que les syndicats agricoles n’étaient pas en reste dans leur critique de la Cité du Vin. La Confédération Paysanne critique ainsi une journée d’inauguration élitiste dans un communiqué : « les vignerons qui ont tous cotisés pour cette Cité par le biais de leurs cotisations dites « volontaires obligatoires », n'ont pas été conviés aux festivités ». Et la Coordination Rurale râle de ne pas avoir été invitée : « l'inauguration de la Cité des Vins doit être l'occasion de promouvoir le savoir-faire de la région et non pas être une petite sauterie de plus pour les administrateurs de la FNSEA ». Et de tacler : « en espérant également que les négociants bordelais ne se trompent pas de caisse et sortent leurs vins bordelais plutôt que les vins espagnols qu'ils expédient en Chine ».

 

Aperçu de la "scène de crime aux pesticides" organisée par les Amis de la Terre de Gironde ce 31 mai sur les quais bordelais. Photo : Kami/About Light And Men.

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VOS RÉACTIONS
craoux Le 02 juin 2016 à 19:02:22
Je ne sais pas si c'est un bien pour le vin qu'on le Disneylandise ... je ne suis pas bien sûr qu'on soit en train de valoriser la dimension culturelle de la culture de la vigne et de la consommation du vin. En revanche, business is business .. et on met le paquet !
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