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Revue de presse

Ca décoiffe dans le monde du vin

Vendredi 13 mai 2016 par Catherine Bernard

Détail affiche GIlardi.
Détail affiche GIlardi.
Un petit tour dans le Languedoc et voilà la polémique sur la présence du vin français dans le Tour de France close. L’ouverture de la Cité du vin se fera en fanfare. Le vin nature réconcilie les jeunes avec le vin tout court. Paris est aussi une ville oenotouristique. Le Chili et l’Argentine veulent une part du gâteau chinois.

Drôle de tour

Les Languedociens ont le sens de la mise en scène. Revoici, le feuilleton identitaire chauvin du Tour de France. La RVF annonce : « Le patron du Tour de France a annoncé mardi 10 mai à Narbonne, en accord avec les représentants des viticulteurs, la création d'un "pavillon des vins" sur la Grande Boucle, pour clore la polémique sur le choix d'un cru chilien comme vin officiel du Tour ». Flash back : « Fin février, le syndicat des vignerons de l'Aude avait menacé de bloquer le Tour pour protester contre un accord conclu en 2014 avec un cru chilien, Bicicleta, vin officiel de l'épreuve cycliste jusqu'en 2017 quand elle traverse des pays étrangers ». Avec l’accent du Midi, Frédéric Rouanet, président du syndicat des Vignerons de l'Aude, concède : « On ne bloquera pas le Tour de France, puisqu'il y a beaucoup d'avancées, et on sait que Tour de France va rimer avec vin français cette année ». Le Point qui avait pointé que Bicileta était ma foi un nom approprié reprend aussi l’information et précise : « Le partenariat chilien s'est noué lors d'un passage du Tour dans le Yorkshire, en Grande-Bretagne, et aucun producteur français n'avait répondu à l'appel d'offres ». Au Canada, La Presse scelle l’accord avec une photo de Frédéric Rouanet servant un verre de blanc à son compère Jérôme Despey, président de FranceAgrimer, après avoir servi celui du directeur général du Tour de France, Christian Prudhomme. On se croirait chez les Indiens fumant le calumet de la paix pour un scénariste d’Hollywood.

 

Les tambours de la Cité du vin

La campagne de promotion est à la hauteur des investissements engagés. Jean-Pierre Stahl, le blogueur de France 3 consacre deux chroniques cette semaine à la Cité du vin dont nul ne saura désormais ignorer que l’on est à quelques semaines de l’ouverture. Il ouvre ainsi sa série : « Un joli clin d’oeil pour attirer le regard. La Cité du Vin suscite une vive attente, à tel point que les visiteurs voudraient bien descendre du tram pour y entrer ». Suis une video de dix secondes filmée depuis le tramway. La seconde est consacrée à la cave, « la plus grande au monde, au regard des 12000 à 14000 bouteilles, 800 références provenant de 80 pays, confiée aux bons soins du caviste Régis Deltil, et d’un comité de sélection composé d’Andréas Larrson, Michel Rolland et Franck Dubourdieu. Ouverture le 1er juin à la Cité du Vin ». Jean-Pierre Stahl annonce aussi un restaurant panoramique. Terre de vins l’annonce comme « exclusif », 21 images du temple, « en avant-goût d’un hors série spécial ». Selon le magazine, « le clou du spectacle est la montée au belvédère pour une dégustation d’un verre de vin comprise dans le ticket d’entrée de la Cité du Vin, vue panoramique sur Bordeaux sous un ciel de bouteilles ». On reste bouche bée.

 

Tendance djeunes

Dans les Inrockuptibles, Louise des Ligneris dresse un portrait sociologiquement intéressant et éclairant des jeunes français, cible conquise des vins naturels. Elle qualifie le phénomène de «  nouvelle génération qui émoustille les papilles des jeunes français en quête du cool en bouteille » avant de dérouler un reportage : « Nous sommes dans le Marais (Paris) dans un nouveau restaurant branché, où est attablé un groupe de jeunes barbus aux tatouages cryptiques. Autour d’un festin vegan et sans gluten, c’est une curieuse bouteille d’un vin des Corbières qu’on nous sert : Interdit aux snobs ! L’étiquette donne immédiatement le ton avec le portrait noir et blanc d’un beau gosse viril tatoué et accompagné d’un texte rebelle à l’encontre des snobs. Le serveur ne manquera pas de faire remarquer que cette bouteille est d’ailleurs assortie à sa Reebok ‘Merlot’, inspirée par le vin français et dessinée par Kendrick Lamar ».  Suivent d’autres lieux, d’autres situations. Louise des Ligneris en vient à ce constat : « Les amateurs d’aujourd’hui sont les enfants de la génération où régnait l’opulence. Avec la crise, leurs moyens financiers se sont amoindris, mais dans leur éducation la conscience du bon goût et l’envie du beau demeurent. Le luxe n’est plus dans le prix de la bouteille mais dans l’histoire qu'elle raconte. Les consommateurs cherchent avant tout à partager un moment et aussi, ils sont heureux de participer à l’histoire du viticulteur comme du caviste ».

De l’oenotourisme à Paris

L’oenotourisme se pratique-t-il exclusivement dans le vignoble ? Non point. Olivier Bompas s’intéresse cette semaine dans Le Point aux « Caves du Louvre », propre à faire pâlir de jalousie la Cité du vin : « À 10 mètres sous terre, et au long de 800 m2 de caves voûtées, un parcours en cinq étapes permet d'appréhender l'univers du vin au travers des cinq sens. Textures, parfums, saveurs, couleurs, crépitement des bulles du champagne, rien n'est oublié. Il est même possible de créer sa cuvée, en assemblant des vins bruts issus de différents cépages et types d'élevages, d'imaginer son étiquette, et de repartir avec sa bouteille. La visite se termine au comptoir, pour une dégustation commentée par un sommelier. Détail non négligeable : il n'est pas nécessaire de retirer ses écouteurs ! Une appli téléchargeable sur smartphone, et disponible en dix langues, fournit les explications nécessaires à la visite ». Le lieu est piloté par Nicolas Paradis, «  un élégant quadra à la carrure de rugbyman, diplômé de l'École des arts et métiers et de l'Essec », associé d’Olivier Magny dans Ô Château, qui est « à la fois bar à vins et école de dégustation, et reçoit plus de 30 000 personnes par an ». Les chiffres de la consommation de vin, en baisse, sont un trompe-l’œil.

Du côté de l’hémisphère sud

A la rubrique Industrie-services, Les Echos  nous donnent des nouvelles de l’hémisphère sud.  Si tout va bien au Chili, l’élan s’essouffle en Argentine. « Les producteurs français ont de quoi s’inquiéter. Avec plus de 40 millions de litres vendus en 2015, pour une valeur de 130 millions de dollars, le Chili est désormais le troisième pays exportateur de vins en Chine, avec une part de marché de 10 % (…) Le Chili progresse vite : en trois ans, il a doublé le volume de ses exportations en Chine, commence le journaliste. Il arrive souvent que cela ne doive que peu au vin lui-même, cette progression « ayant été en partie rendue possible notamment grâce au traité de libre-échange signé entre les deux pays en 2006 ». A l’inverse, et le parallèle est frappant, « l’Argentine cède du terrain ». Toujours selon Les Echos, le pays pourtant cinquième producteur mondial «  a souffert de la politique protectionniste du précédent gouvernement ». « En 2015, les ventes à l’étranger représentaient 820 millions de dollars, contre 920 millions trois ans plus tôt (…) Les taxes à l’exportation et l’inflation galopante – 30% par an en moyenne – ont sérieusement affecté la compétitivité de l’Argentine sur le marché international », précise le quotidien. En conséquence, « le secteur viticole attend beaucoup du gouvernement de Mauricio Macri, élu en novembre. Le président libéral, soucieux de replacer l’Argentine sur la scène internationale, s’est empressé de lever le contrôle des changes et certaines taxes sur les exportations ». Comme le Chili, l’Argentine « espère elle aussi pouvoir percer sur le marché chinois ». Le monde est un gâteau dont les parts, illustrées par des cartes et graphiques, sont convoitées. 

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