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Entendus à Düsseldorf

Les échos du millésime 2016 dans l’hémisphère Sud

Mardi 15 mars 2016 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 16/03/2016 11:18:44

Aperçus du Hall 9, où sont réunis l’essentiel des vins du Nouveau Monde, sous la bannière « outre-mer ».
Aperçus du Hall 9, où sont réunis l’essentiel des vins du Nouveau Monde, sous la bannière « outre-mer ». - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Rassemblées à Prowein pour réussir leur saison de commercialisation, les bodegas et wineries de l’hémisphère Sud ont encore l’esprit tourné vers les vendanges 2016, qu’elles s’apprêtent à débuter ou qui s’achèvent, selon les climats.
En Argentine, « les volumes seront réduits de manière conséquente. Ce qui n’est pas bon après trois petites récoltes, et que les cours s’envolent », rapporte Karim Mussi Saffie, propriétaire de la Bodega Altocedro, Valle de Ucco, qui laisse échapper que « pour ne pas inquiéter nos marchés, je ne devrais probablement pas dire ça ». Mais il est difficile de minimiser les défis de la saison viticole 2016 : « Les vendanges se font encore attendre dans notre région, la plus tardive d’Argentine. On a 25 jours de retard à cause des petites températures. Et l’été très pluvieux a déclenché des maladies. Mildiou, oïdium… Et même botrytis. »
 
Ces difficultés seraient dues au phénomène météorologique El Niño, qui se fait ressentir jusqu’en Afrique du Sud. Les volumes s’y annoncent particulièrement en repli : « Ce sera l’une des plus petites récoltes de ces dernières années », annonce Gary Greenfield, directeur commercial pour l’Europe de Distell. Dans le Western Cape, la sécheresse aura été forte, les vents chauds ayant attisé des feux qui ont marqué les esprits. « On peut irriguer en Afrique du Sud. Mais pour ça, il faut déjà avoir de l’eau à sa disposition ! », souligne Gary Greenfield, qui prédit cependant des vins rouges exceptionnels en 2016.
 
Au Chili, au contraire, ce n’est pas une année exceptionnelle qui s’annonce à écouter Jean-Charles Villard, de Villard, Casablanca Valley. Il explique que « les pluies du printemps et de l’été ont conduit à la présence d’oïdium et de botrytis. Il a fallu réagir en triant fermement et en faisant beaucoup tomber… » Un tri nécessaire qui annonce donc une petite récolte chilienne. Comme celle d’Uruguay.
« On aura une récolte inférieure à la moyenne. Les mois de décembre et janvier ont été très secs. Fin janvier on était sur le point d’irriguer. Mais, heureusement, des pluies sont tombées à point », explique l’œnologue Juan Andrés Marichal (Bodega Marichal, Etchevarría). En 2016, une baisse de 5 à 15 % de la récolte est attendue en Uruguay. Une fourchette qui reste à préciser avec la fin prochaine des vendanges, le millésime accusant un retard de deux semaines depuis la floraison.
 
En Australie, les vendanges se sont déjà achevées dans les Nouvelle-Galles du Sud, et battent leur plein dans le reste du vignoble. Le millésime aura été « très sec sur tout le vignoble, sauf pour la Hunter Valley, très humide ! Les rendements seront à la hausse pour les blancs et légèrement en baisse pour les rouges », estime l’acheteur de raisins et vins John Quarisa, qui prévoit logiquement une baisse des cours du blanc et une hausse de ceux du rouge. D’autant plus que « le millésime sera fantastique pour les rouges, avec d’excellents niveaux de couleur et d’alcool ».
 
La récolte 2016 est également on ne peut plus satisfaisante vue de Nouvelle-Zélande. « Nous avons eu beaucoup de chance. Il a peu plu, les températures sont restées raisonnables et il n’y a pas de maladies », souligne Neal Ibboston, de Saint Clair Family Estate. Après un millésime 2015 peu productif, les rendements s’annoncent, pour l’instant, dans la norme. Mais les vendanges commencent à peine. « Tant que les raisins ne sont pas dans la cave, on ne s’avance pas », conclut Neal Ibboston.

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