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Maladies du bois

Trop de manquants, pas assez de complants en Val de Loire

Lundi 14 mars 2016 par Juliette Cassagnes
Article mis à jour le 15/03/2016 16:43:07

Sur les vieilles parcelles, 25% des pieds ne sont pas productifs, soit parce qu'ils sont morts, soit parce qu'ils sont malades, soit parce qu'ils sont trop jeunes pour produire
Sur les vieilles parcelles, 25% des pieds ne sont pas productifs, soit parce qu'ils sont morts, soit parce qu'ils sont malades, soit parce qu'ils sont trop jeunes pour produire - crédit photo : J Cassagnes
Les résultats issus de l’observatoire des maladies du bois 2015 du Val de Loire mettent en évidence leur impact non négligeable sur l’outil de production régional. Ils font notamment ressortir l’insuffisance du renouvellement des pieds morts ou manquants pour maintenir le potentiel de production global.

Le Val de Loire tient depuis 2013 un « Observatoire annuel des maladies du bois », grâce au suivi par les chambres d’agriculture d’un réseau de 81 parcelles – soit 22 500 pieds – sur différents cépages et secteurs de la région. Celui-ci permet de suivre la proportion de pieds sains productifs, les pieds manquants (ou morts), les pieds non productifs (jeunes plants), mais aussi ceux atteints de symptômes d’esca-BDA.

Les résultats de l’année 2015 sont désormais connus, permettant une analyse des données* sur trois ans. Premier constat : le taux de manquants, établi à 10,1 % en 2015, est de plus en plus élevé chaque année. Parallèlement, celui des complants (5,5 % en 2015) augmente lui aussi, mais de façon plus lente. La part de pieds productifs sains tend donc à diminuer : de 85,5 % en 2013, elle est passée à 80,4 % en 2015. « Cela traduit, de façon globale, un renouvellement insuffisant du vignoble pour endiguer la perte de production », indique Étienne Goulet, directeur technique d’InterLoire.

D’un point de vue global seulement car de fortes disparités existent selon les secteurs et les cépages. Ainsi, dans le secteur du muscadet, le taux de manquants sur le cépage melon atteint, en 2015, 11,5 %. Dans les parcelles âgées de 25 ans et plus, le phénomène est encore plus marqué, avec un taux de 24 %. « Avec la crise, on remplace moins les manquants et certaines parcelles sont délaissées. » À l’inverse, le sauvignon, cépage réputé comme sensible aux maladies du bois, bénéficie d’un renouvellement nettement plus important, avec 16 % de complants en 2015. « Cela traduit une dynamique totalement différente ! commente Étienne Goulet. Ce cépage est beaucoup attaqué, mais aussi beaucoup renouvelé… »

Les vieilles parcelles peu productives

L’étude des différents « états » des ceps par tranche d’âges confirme que les parcelles exprimant le plus de symptômes d’esca-BDA (4,7 %) sont âgées de 15 à 20 ans. Autre donnée : la quasi-totalité de ces parcelles « moyennement âgées » – 27 sur les 28 du réseau – sont atteintes par la maladie. Les jeunes vignes (âgées de moins de 10 ans) restent plus préservées : le taux de symptômes est de 0,5 % et une parcelle sur deux « seulement » est atteinte. Quant aux vignes les plus âgées (plus de 25 ans), le taux de symptômes atteint 4 % et 30 parcelles sur 33 sont touchées.

Avec l’âge progresse également le taux de manquants ; il atteint même une proportion « importante » (12,8 %) dans les parcelles les plus âgées. « Même si le taux de complants est lui aussi élevé, il ne suffit pas, explique le responsable. Les plus vieilles parcelles ont donc un faible taux de pieds productifs sains, de 75 %. »

L’année 2015 restera marquée par une faible expression des symptômes d'esca-BDA dans l’ensemble des cépages. Ceux-ci sont en baisse par rapport à 2014, qui était elle-même une année « dans la moyenne ». Sur un échantillon de 40 parcelles*, le taux moyen de ceps atteints s’élève en 2015 à 3,4 %, soit un chiffre très proche de celui de 2013 (3,3 %). En 2014, celui-ci avait atteint 5,6 %. « Nous sommes en dessous du seuil des 5 %, chiffre qui circule souvent dans le vignoble », commente Étienne Goulet.

Ces données confirment également la « fluctuation » des symptômes observés d’une année sur l’autre, et dont les causes précises restent encore à déterminer. Dernier chiffre enfin : sur les 81 parcelles étudiées en 2015, 68 présentaient des symptômes d’esca-BDA, soit un taux de 84 % de parcelles atteintes.

Graphique : résultats des observations 2015 du réseau « Observatoire des maladies du bois » en Val de Loire

*Le suivi des données sur trois ans, de 2013 à 2015, n'est basé que sur un réseau « incomplet » de 40 parcelles, l'observatoire n'ayant démarré qu'en 2013, année pendant laquelle seules 40 parcelles étaient suivies. Le nombre de 81 parcelles n'a été atteint qu'à partir de 2015.

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