Doses de cuivre

La viticulture bio résolue à monter au créneau pour défendre ses 6 kg/ha.an

Vendredi 19 février 2016 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 23/02/2016 12:54:17

Attendu par les vignerons bio, Jacques Grossman n’a pu que confirmer l’incertitude sur le calendrier de révision de l’ANSES. Et conseiller aux professionnels de continuer à étayer leurs arguments.
Attendu par les vignerons bio, Jacques Grossman n’a pu que confirmer l’incertitude sur le calendrier de révision de l’ANSES. Et conseiller aux professionnels de continuer à étayer leurs arguments. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Les arguments techniques ne semblant pas convaincre les autorités, c’est la piste politique que les représentants du vignoble bio s’apprêtent à explorer.

Réduira ou réduira pas la dose annuelle de cuivre métal en dessous des actuels 6 kilos par hectare ? Laissée depuis trop longtemps en suspens par les évaluations de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (l’ANSES), cette question exaspère le vignoble biologique. Qui n’a pu que constater à quel point la situation reste bloquée, en faisant le point ce 17 février à Bordeaux, lors des journées techniques bio d’Aquitaine.

"Le développement et la pérennité de la bio sont remis en cause"

Chercheurs et professionnels ont beau prédire depuis des années une impasse technique si la dose tombait à 4 kg/ha/an, aucune décision ne se dessine. Pour secouer le statu quo, les représentants de la filière finalisent actuellement un courrier interpellant les autorités. Pas encore signataires, les participants de cette discussion sont l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture, Coop de France, la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique, FranceVinBio… « On estime que le développement de la viticulture biologique est freiné par le climat d’incertitude actuel. Pour protéger l’avenir, il faut de la visibilité » résume le vigneron bergeracois Richard Doughty, le président de France Vin Bio.

"La balle est plutôt dans le camp de l’ANSES"

Mais, même pour ceux censés être au plus près de la procédure, le bât blesse au niveau de la transparence. Interrogé en vain par les vignerons, l’expert viticole pour la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL), Jacques Grossman, a répété qu’il lui est impossible de donner la moindre date ou tendance sur ce dossier. La DGAL ayant cédé à l’ANSES son pouvoir de validation des AMM. Surtout que les deux procédures d’autorisation de mise sur le marché se télescopent, entre celle en cours (attendue depuis septembre 2015), et celle de nouvelle approbation (resoumission pour 2018). « Il y a un hiatus de calendrier » reconnaît Jacques Grossman, qui tente d’apaiser les craintes en précisant que « les AMM actuelles restent en vigueur ». Comme le dévoilait hier Vitisphere, faute de décision de l’ANSES, les modalités d’utilisation précisées sur les étiquettes de produits sont tacitement reconduites.

"Ouvrons grandes les portes d’un futur durable"

Une solution purement transitoire souligne la vigneronne bordelaise Anne-Lise Goujon : « si on peut reconduire en 2016 les pratiques de 2015, cela n’assure rien pour 2017. Il faut tenir compte de la volonté des professionnels de conserver une dose à 6 kg/ha.an. C’est ce qui est attendu. » Ne sachant toujours pas avec précision les points qui sont techniquement reprochés au cuivre (risques sur la vie aquatique, sur les vers de terre, sur l’absorption par la peau…), les vignerons bio se retranchent donc sur la pression politique.

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