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Guide pratique

L’Anivin veut voir éclore un vignoble éco-intensif

Jeudi 18 février 2016 par Bertrand Collard

Serge Tintané, président de l'Anivin de France, lors de la présentation du Guide pratique de la viticulture innovante le 18 février à ParisSerge Tintané, président de l'Anivin de France, lors de la présentation du Guide pratique de la viticulture innovante le 18 février à Paris - crédit photo : B. Collard
L’interprofession des vins de France publie un guide expliquant les grands principes de la conduite d’un vignoble pour produire des vins de cépage de cœur de gamme à hauts rendement.

« Notre livre est une boîte à outils. Grâce à ce guide, les viticulteurs ont un manuel pour mettre en application le modèle que nous proposons », lance Serge Tintané président de l’Anivin de France. Ce modèle est celui d’une viticulture à hauts rendements ou « éco-intensive », pour reprendre les termes de l’interprofession des vins sans indication géographique. Une viticulture destinée à produire des vins de cépage vins d’entrée et de cœur de gamme.

Comment faire ? L’essentiel est expliqué dans le Guide pratique de la viticulture innovante de l’Anivin de France, présenté le 18 février. Olivier Zebic, l’auteur, préconise la taille mécanique et la conduite haie où le feuillage n’est pas palissé, mais régulièrement écimé, dès avant la floraison, pour rester érigé et dans un volume défini.

Ces vignes doivent aussi être fertirriguées pour une bonne nutrition minérale et en eau. Il s’agit, entre autres, d’éviter le flétrissement des baies à la récolte à l’origine de pertes de récoltes très préjudiciables.

Ce mode de culture donne des rendements élevés, sans perte de qualité. Les grappes sont en effet plus nombreuses, mais plus petites. Et les baies sont elles aussi plus petites. « Les vignes sont plus aérées, plus ventilées, elles ont moins de problèmes sanitaires. Aussi moins de maladies du bois », soutient Serge Tintané qui cultive des vignes ainsi depuis 8 ans sur son exploitation à Parleboscq petite enclave des Landes dans le Gers.

Dans le même temps, les coûts de production baissent fortement. Le guide annonce 23 heures de travail par ha et par an et des coûts de production 1800 €/ha/an, hors foncier et vinification, omettant toutefois de préciser la densité de plantation prise en compte pour ces calculs.

Pour l’Anivin, la mise en place de tels vignobles est vitale. « Entre 2005 et 2014, la France a perdu 5 % de parts du marché mondial du vin alors que tous les autres pays ont progressé. (…) Les vins de France sont une réponse à ce problème rencontré par la France. Ils sont accessibles, attractifs, créatifs, constants… Ils répondent à l’attente des consommateurs. Pour des vins inférieurs à 15 dollars, le terroir n’est pas une attente. Connaître le pays d’origine leur suffit » assure Laurent Delauna, président du négoce Badet Clément en Bourgogne et de la commission marketing de l’Anivin de France.

Reste à convaincre les vignerons de se lancer dans l’aventure. Car il est clair que c’est à eux de prendre les risques de la plantation de ces vignes éco-intensives. Du côté des acheteurs en effet, rien n’est prévu pour garantir l’écoulement de la production de ces vignes. Ils assurent simplement qu’il y a un marché rémunérateur à prendre.

Tags : Vins sans IG

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