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Bouchage

Diam accusé de rendre les vins amers

Vendredi 05 février 2016 par Marion Bazireau/Marion Bazireau

Le leader du bouchon technologique est pris pour cible par un négociant allemandLe leader du bouchon technologique est pris pour cible par un négociant allemand - crédit photo : Marion Bazireau
Un négociant allemand affirme que les vins conditionnés avec les bouchons Diam développent une forte amertume. Le fabricant de bouchons ne compte pas se laisser faire.

Il s’appelle Rolf Cordes. Il est allemand et s’autoproclame négociant en vins. Et surtout, il affirme que les tous les vins embouteillés avec les bouchons technologiques en liège de Diam présentent un « arrière-goût desséchant et persistant », qu’il baptise « amertume atypique ». Il explique que l’aération du vin comme son vieillissement amplifient le phénomène, « empêchant tout plaisir pour le palais ». Pour le prouver, il s’est lancé dans une étude sensorielle, en impliquant dix autres dégustateurs. Rolf Cordes a versé 1,5 L de huit vins dans deux récipients. Dans l’un des deux, il a rajouté deux bouchons Diam et a laissé le tout macérer pendant 2 à 94 jours. Ses résultats sont accablants puisque sept des huit vins mis au contact des bouchons Diam auraient développé des notes amères.

Alain Schmitt, œnologue et directeur de la région Est pour Diam, a pris connaissance des résultats de cette étude le 25 janvier, dans une interview de Rolf Cordes parue sur le site et dans la newsletter de la revue allemande « Wein Plus ». L’étude est ensuite arrivée en France, circulant sur Google, Twitter et Facebook. Alain Schmitt a décidé d’annuler un déplacement à Agrovina prévu le 28 janvier pour aller rencontrer son auteur. De retour en France, il ne ménage pas le personnage : « Monsieur Cordes est un affabulateur qui souhaitait faire le buzz. Il travaille dans un musée et ouvre son garage deux fois par semaines pour vendre quelques bouteilles de vin. C’est d’ailleurs dans ce garage qu’il a réalisé sa pseudo-étude : il n’a pas pris la peine de comparer Diam avec d’autres bouchons et n’a réalisé aucune analyse (SO2 ou O2 dissous) ».

De l'amertume pour de la réduction

Pour l’œnologue, Monsieur Cordes confond réduction et amertume. Il explique que les bouchons Diam 10 et 30 sont parmi les plus hermétiques du marché. Par conséquent, si le vin a un pH faible et des teneurs assez hautes en sulfites, il peut paraître un peu « dur » et fermé quelques mois après son conditionnement. En revanche à moyen-long terme, il sera beaucoup plus expressif.

Alain Schmitt affirme qu’aucun œnologue, aucun chercheur, ou aucun client n’a jamais constaté d’amertume dans des vins bouchés Diam. « Nous bouchons près de 50% des grands crus blancs de Bourgogne et des champagne, si nos bouchons rendaient les vins amers nous serions au courant . Cette rumeur, c’est la rançon du succès ». Y a-t-il une firme derrière cette affaire ? « Peut-être mais même si c’est le cas, j’imagine mal nos confrères se servir de ses informations non fondées contre nous ». 

Diam contre-attraque

Si cette histoire ne devrait pas avoir de répercussions sur les ventes du bouchonnier, « Diam ne va pas pour autant laisser faire ». Des avocats allemands sont sur le coup. Le fabricant a déjà envoyé un communiqué à tous ses distributeurs et le site Wein Plus doit prochainement faire paraitre une interview de l’entreprise. « Et si c’est nécessaire, nous irons défendre notre marque devant les tribunaux », conclut l’œnologue.

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VOS RÉACTIONS
Eric Riesling Le 08 février 2016 à 18:35:22
Bonjour, Ce Monsieur allemand fait le buzz, et pourtant des amateurs ont testé à l'aveugle différents types d'obturateurs, et les conclusions étaient surprenantes... Nous avons comparé à l'aveugle une quinzaine de vins identiques obturés de différentes façons : Liège, Diam, synthétique, capsule à vis. Vins d'origines et d'âge différents, dégustation à l'aveugle, notation secrète, nous étions une douzaine, Alain Schmitt était là, et s'est prêté au jeu d'une dégustation sans enjeu d'image ni financière. Le lendemain j'ai reprit les notes tranquillement, loin de toute influence, et voici le résultat obtenu : 1 Capsule à vis 2 - Diam 3 - Liège 4 - Synthétique, ce dernier était nettement dernier les 3 premiers étaient plus serrés. Nous avons aussi noté les différences d'expression entre les différents obturateurs. Chacun a sa "patte", et Diam comme les autres n'est pas sans point faible mais pas d'amertume systématique. Cette étude (la notre) méritait d'être poursuivie de façon sérieuse, sur différentes séances, selon un protocole sérieux et reproductible, mais je vous laisse juger si notre approche avait ou non plus de valeur que la soupe de pif infusée de ce rigolo allemand... Cordialement.
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