Salon des vins de Loire

Négociations serrées avec la grande distribution

Lundi 01 février 2016 par Patrick Touchais

Au Salon des vins de Loire, les négociations ne sont pas encore finalisées avec la GD.
Au Salon des vins de Loire, les négociations ne sont pas encore finalisées avec la GD. - crédit photo : Patrick Touchais
Face à une montée des cours du vrac depuis plusieurs années, les négociants ligériens ne sont pas sereins. Ils sont en pleine négociation avec la grande distribution. Témoignages sur le Salon des vins de Loire qui se tient à Angers jusqu’à mercredi 3 février.

 « Cela fait 4 ans que les prix montent. Certes, c’est la loi de l’offre et de la demande, face à des récoltes déficitaires, mais là, ça devient vraiment très compliqué ». Le message porté par un gros opérateur du Val de Loire fait l’unanimité auprès de ses collègues. Sur le Salon des vins de Loire (du 1er au 3 février), les négociants ou coopératives ont le même regard sur les négociations commerciales qu’ils mènent actuellement. En particulier avec la grande distribution. En clair, les consignes des acheteurs de GD ont été explicites : pas de hausse cette année. Les négociations vont donc se poursuivre encore au moins un mois, quand elles sont déjà abouties en janvier dans les années plus simples.

Progression des cours, pas des ventes

En cause, des cours du vrac qui ont progressé très significativement. « Tant mieux pour les vignerons » glisse l’un des opérateurs, « mais il faut qu’on trouve un équilibre entre des cours qui valorisent le travail des vignerons, et le développement commercial ». En effet, les cours affichent des hausses de l’ordre de 20 euros par hectolitre cette année par rapport à l’an passé sur quelques grosses appellations. Le crémant de Loire est passé de 160 à 180 €/hl ; le cabernet d’Anjou de 171 à 184 €/hl ; le Touraine sauvignon de 196 à 205 €/hl.

« C’est difficile », avoue Bruno Prévot, directeur commercial du groupe coopératif Loire Propriétés. « D’autant que nos ventes n’ont pas progressé ». « Comment voulez-vous demander à des distributeurs d’augmenter les prix, alors que nos volumes sont en retrait ? »

"Au Pays-Bas, certains distributeurs ont déférencé le rosé d'Anjou"

Des baisses provoquées selon l’ensemble des opérateurs par un double effet : un manque de disponibilité sur certaines AOC, mais aussi une hausse des prix. « Sur certains marchés, j’ai peur qu’on dévisse », insiste Jean-Marc Fontaine, directeur d’Alliance Loire, dont le CA 2015 a augmenté de 3 % sans vendre un hectolitre de plus. Le groupe vend 65 % de son volume en GD. « On le voit, les MDD sont en baisse ». « Ce qui est vrai en France, l’est aussi à l’export » indique Bruno Prévot. « Aux Pays-Bas, certains distributeurs ont déréférencé le rosé d’Anjou ».

Alors pour tenter de passer, les marges sont rognées. « On les a réduites depuis deux-trois ans », signale Fabrice Thuia, le gérant de la Collégiale des domaines de Loire, un groupement de producteurs affichant 400 références. Même s’il vend des bouteilles, le cours du vrac influe sur le prix des bouteilles. « Mais, on a aussi un problème de rendement, et donc de coût de production depuis 3 millésimes ».

"Les cours devraient se réajuster"

Et tous attendent des volumes meilleurs. Ceux de 2015 ne sont pas encore connus officiellement globalement, mais ils savent ce qu’ils ont en cave. « On devrait repartir à la croissance sur les rosés » estime Bruno Prévot. « Les cours devraient se réajuster » indique un opérateur. Mais attention à ne pas descendre trop ou trop vite pour ne pas déstabiliser tout le vignoble.

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