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En 2014, les résultats financiers de la filière viticole sont mitigés

Jeudi 31 décembre 2015 par Marion Sepeau Ivaldi

C'est grâce aux exportations de Champagne dont le chiffre d’affaires export est en progression de 6,1% que l'analyse financière de la filière vinicole est stable.
C'est grâce aux exportations de Champagne dont le chiffre d’affaires export est en progression de 6,1% que l'analyse financière de la filière vinicole est stable. - crédit photo : DR
L’observatoire financier des entreprises agro-alimentaires réalisé par le Crédit Agricole dresse un portrait très mesuré des performances financières de la filière viticole.

Si l’analyse financière de la filière vins, parue en novembre dernier, n’est pas alarmiste, elle n’en est pas pour autant optimiste. Les résultats mitigés de 2014 s’expliqueraient en grande partie par des disponibilités 2013 en berne. Et c’est grâce aux exportations de Champagne (le chiffre d’affaires export est en progression de 6,1%) que l’impact de ces faibles volumes sur le chiffre d’affaires de la filière vin est limité : le chiffre d’affaires de la France viticole progresse de 1,1% par rapport à 2013, grâce à la hausse des prix. L’Observatoire relève un recul important du chiffre d’affaires à l’international du vignoble Aquitain (-16%) mais une progression de celui du Languedoc à 9%. Par ailleurs, pour la troisième année consécutive, le chiffre d’affaires à l’international des vins effervescents est en progression : +6% enregistrés en 2014.

A noter également, que le marché français reste atone avec un retrait des ventes de Champagne en volume (-3%) et en valeur (-2%). De même, les effervescents connaissent un repli de 2,5% après plusieurs années de hausse. Enfin, le chiffre d’affaires des vins tranquilles est stable, avec une hausse de 1%. L’observatoire remarque les performances supérieures pour les groupes multirégions et les très petites entreprises indépendantes (avec un chiffre d’affaires en progression de 5,3%).

15% d'entreprises en perte

La rentabilité des entreprises se dégrade lors de l’exercice 2014, notamment en Champagne et à Bordeaux. Globalement, le ratio EBITDA/CA perd 0,6% (à 9,4%). 15% des entreprises vins sont en perte en 2014. En Champagne, l’observatoire décrit une hétérogénéité dans la rentabilité des entreprises : le ratio EBITDA/CA des entreprises leader s’établit autour de 20%, tandis que les entreprises de taille inférieures ont un ratio avoisinant les 10%, un taux proche de celui des effervescents. Cette catégorie d’ailleurs connaît une hausse de rentabilité, notamment grâce à la contraction des charges. Enfin, la rentabilité des vins tranquilles connaît son niveau parmi le plus bas depuis ses cinq dernières années. L’observatoire souligne la perte de rentabilité pour la deuxième année consécutive du vignoble aquitain. Le ratio EBITDA/CA s’établit à 7,5%. Concernant les stocks, l’Observatoire relève un accroissement du besoin en fonds de roulement (+ 3%). Cette hausse est portée par l’augmentation des stocks en Champagne ainsi que pour les vins tranquilles.

Recul de l'investissement

L’investissement est en retrait à 18% de la valeur ajoutée contre 21% en moyenne sur la période 2011-2013. L’Observatoire remarque un manque de dynamisme des vins effervescents. Le taux de vieillissement atteint 65% contre 59% pour les vins tranquilles.

L’endettement n’est pas préoccupant. Il est stable à 29% du total du bilan. C’est la Champagne qui en porte la moitié. La capacité théorique de désendettement est stable pour la Champagne (4,8 années d’EBITDA), en retrait pour les effervescents (3,4 années d’EBITDA) et en hausse pour les vins tranquilles (5,4 années d’EBITDA).

Progression de la rentabilité des effervescents

Enfin, la rentabilité des capitaux investis est en léger retrait en 2014 : le ROCE (return on capital employed) s’établit à environ 5%. Cette baisse est liée à la baisse de rentabilité en Champagne, notamment au sein des entreprises Leader, et en Aquitaine. A l’inverse, les effervescents et les vins tranquilles hors Aquitaine sont en progression. Par ailleurs, les entreprises réalisant entre 2 et 5 millions de chiffre d’affaires voient leur ROCE devancer celui des entreprises ayant un chiffre d’affaires compris entre 5 et 10 millions d’euros et 50 et 100 millions d’euros.

Au final, l’Observatoire conclut à un profil de risque légèrement amélioré par rapport à 2013. 37% des entreprises ont un risque faible contre 34% une année auparavant. De même, 49% ont un profil de risque moyen contre 52% en 2013. Enfin, 14% ont un risque fort.

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