Moderne et productif

L’urgence est à la production de vins d’entrée de gamme

Jeudi 26 novembre 2015 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 27/11/2015 00:43:21

L’urgence est à la production de vins d’entrée de gamme
- crédit photo : IFV
Face à l’érosion de l’offre française en entrée de gamme, l’Anivin propose une stratégie de reconquête, outil technique à l’appui.

Baptisée pudiquement « réduction des coûts de production », la conférence organisée le 26 novembre au Sitévi par Montpellier SupAgro-IHEV/INRA, Vinseo, l’ICV et l’Anivin portait un message qui relève davantage de la stratégie de filière que de celle de la comptabilité analytique pure. Son objectif : faire la preuve économique et technique qu’il y a une indéniable nécessité et une incontestable opportunité économique à développer les vins sans indication géographique en France. « Il faudrait planter entre 10000 et 20000 hectares » affirme Bruno Kessler de l’Anivin. Et, à quelques jours de fixer définitivement les contingents de plantation pour 2017, son message a de quoi interroger.

Lutter contre les subsitutions

L’analyse est simple : depuis trois ans, les importations de vins en provenance de l’étranger augmentent de façon régulière en France. En 2015, elles devraient atteindre les 7,2 millions d’hl en hausse de 9%, par rapport à 2014. Or la catégorie de vin, qui porte cette croissance, est celle des vins sans indication géographique avec 4,8 millions d’hl qui pourraient être achetés en France (en 2013, le volume était de 3,2 millions d’hl). « En ce moment, la viticulture est satisfaite. Elle réussit à faire passer des hausses de prix. Mais dans le même temps, il y a de plus en plus de substitution : le négoce se tourne vers les vins étrangers d’entrée de gamme » explique Bruno Kessler. Ces substitutions, soit 1,2 million d’hl, concernent notamment les marques d’entrée de gamme qui sont soient réexportées.

Le phénomène pourrait être amplifié pour approvisionner les MDD. Sur ce segment, une faible variation du prix à l’hl peut avoir des conséquences désastreuses sur les volumes achetés car le consommateur est très sensible au prix. Ainsi dépasser un prix psychologique tel que 10 euros pour un Bib de 5 L entraîne un décrochage des ventes. Par ailleurs, la grande distribution alerte sur le segment des vins à deux euros/col qui est de plus en plus vidé de références (en conséquence de la stratégie de montée en gamme dans laquelle s'est lancée le vignoble français). Dans la période de crise structurelle économique, où le chômage ne se résorbe pas, une offre d’entrée de gamme est incontournable, insistent les distributeurs.

Pour l’instant, l’ambition de l’Anivin est de reconquérir les 1,2 million d’hl substitués par des vins étrangers et d’augmenter le sourcing français pour les bases mousseux (1 million d’hl est importé en France). Pour cela, il faut planter des vignobles à haut rendement, de l’ordre de 200 hl/ha. L’Anivin a prévu de proposer des solutions techniques à ceux qui voudraient se lancer dans l’aventure. Et, le négoce propose de contractualiser sur 10 ans en assurant un revenu de 7000 à 8000 euros/ha. De quoi susciter des vocations…

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