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Réduction des phytos

Des résultats du banc d’essai au (possible) guide d’achat des pulvés

Jeudi 26 novembre 2015 par Alexandre Abellan

Aperçu de pulvés sur le SiteviAperçu de pulvés sur le Sitevi - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Pour répondre aux demandes sociétales de réduction des intrants phytosanitaires en viticulture, la R&D ne manque pas de pistes prometteuses sur le long-terme : variétés résistantes, outils de modélisation et d’aide à la décision, méthodes alternatives de biocontrôle… Mais dans l’immédiat, c’est le renouvellement du parc de pulvérisation qui semble pouvoir répondre le plus rapidement aux enjeux agro-écologiques.

Verra-t-on bientôt les matériels de pulvérisation viticoles classés A, B, C, D ou E selon leurs performances environnementales (comme cela existe pour le matériel électroménager et le parc immobilier avec le Diagnostic de Performance Energétique) ? De telles recommandations d’achat sont une utilisation envisageable des évaluations techniques obtenues par le banc d’essai EcoSprayViti de l'Institut de Recherche en Sciences et Technologie pour l'Environnement et l'Agriculture (IRSTEA). Depuis 2013, cette vigne artificielle standardisée a permis de tester 17 pulvérisateurs en vignes larges, 7 pulvés en vignes étroites, 16 buses et pastilles…

« L’important est non seulement de savoir ce qui touche bien la vigne, mais également de déterminer la répartition du produit sur le feuillage (selon les stades de végétation) » explique Adrien Vergès, ingénieur agroenvironnement IRSTEA, présentant ces résultats lors d’une conférence au Sitevi. « Comme on pouvait s’y attendre, le face-par-face permet de réduire les pertes et d’avoir des profils de répartition plus homogènes. L’appareil le plus répandu du marché, la voûte pneumatique, donne aussi des répartitions homogènes, mais avec des pertes plus importantes. Les aéroconvecteurs présentent de fortes pertes et une moindre homogénéité » précise-t-il. Et sur la majorité des essais, il apparaît également que les différences entre les appareils sont supérieures à celles entre buses.

Réunies sur une base de données, les mesures de 383 essais permettent donc de décerner de bons et de mauvais points entre les matériels (et les jeux de buses associés). Reste encore à transférer ces premiers enseignements, qui doivent encore être complétés (le programme de recherche allant jusqu’en 2017). En décembre prochain, l’équipe de chercheurs doit rencontrer les représentants du ministère pour faire le point sur l’exploitation de ces données. Des subventions pour le renouvellement aux primes à la casse, les pistes restent nombreuses (et cohérentes avec le nouveau plan Ecophyto 2).

« Le levier est fort si l’on arrive à court terme à déposer les produits sur la plante et pas ailleurs » ajoute Bernadette Ruelle, la responsable de l’unité mixte de technologie pour la protection des plantes de l'IRSTEA.

L’autre levier, la bonne utilisation des pulvérisateurs
« Notre discours de renouvellement du parc ne tient pas si les machines ne sont pas réglées » prévient Adrien Vergès. Au-delà de la classification, l’enjeu reste le bon déploiement des technologies. « En pulvérisation, il y a beaucoup d’idées préconçues, sur la taille des gouttes, la vitesse d’avancement… » ajoute Sébastien Codis (coordinateur du projet Prowadis à l’Institut Français de la Vigne et du Vin). Mais pour lui, « il n’y a pas d’impasses techniques en viticulture pour réduire les intrants phytosanitaires et optimiser les pulvérisations », c’est le déploiement des connaissances et matériels au vignoble qui pêche.

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