Jugement de Thibault Liger-Belair 

Le procès de trop pour la Bourgogne viticole

Jeudi 12 novembre 2015 par Juliette Cassagnes

Thibault Liger-Belair, dans le documentaire Thibault Liger-Belair, dans le documentaire "Insecticide mon amour" - crédit photo : [crédit photo: copie d'écran du film Insecticide mon amour, de G Bodin, YouTube]
L'audience du viticulteur bourguignon Thibault Liger-Belair aura lieu la semaine prochaine, mardi 17 novembre 2015, à Villefranche sur Saône. Un second procès pour "refus de traitement insecticide contre la flavescence dorée". Les professionnels craignent à nouveau une sur-médiatisation de l'affaire à un très mauvais moment...

L'audience au tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône de Thibault Liger-Belair, vigneron-négociant de Bourgogne et du Beaujolais, aura lieu la semaine prochaine, mardi 17 novembre 2015. Comme Emmanuel Giboulot en 2014, il lui est reproché de ne pas avoir effectué les traitements insecticides obligatoires contre la flavescence dorée lors de la campagne 2013 dans ses vignes situées en Moulin-à-Vent, en Saône-et-Loire.

 

Un second procès qui arrive « tard, deux ans après les faits », commente Jean-Michel Aubinel, président de la Confédération des vins d'AOC de Bourgogne. « Nous n'avions pas besoin de ce deuxième procès, poursuit celui-ci. Depuis 2013, nous nous sommes suffisamment expliqués entre viticulteurs bio et non-bio et avons réussi à organiser ensemble une meilleure stratégie de lutte ».

 

A l'instar du procès d'Emmanuel Giboulot, les professionnels craignent qu'à nouveau, les association environnementales « récupèrent » l'affaire et que celle-ci soit sur-médiatisée. « Elles se servent de faits momentanés pour avancer des grandes idées, véhiculer des discours plus larges, des contre-vérités, sans connaître les problématiques du vignoble, dénonce le président de la CAVB. L'ensemble des viticulteurs en a ras-le-bol de tout cela ». 

"Ce procès nous fait du mal"

Ses confrères vignerons reprochent par ailleurs à Thibault Liger-Belair de rechercher, depuis le début et à tout prix, la médiatisation, quitte à créer des « dommages pour la Bourgogne ». « Il alerte les associations environnementales et les médias, il témoigne dans un film », dénonce Dominique, vigneron en Côte d'Or. « Il a également tout fait pour se faire contrôler par la SRAL, en se vantant haut-et-fort d'avoir refusé de traiter, comme Emmanuel Giboulot ». Thibault Liger-Belair a par ailleurs préféré décaler son procès au mois de novembre, « n'étant pas disponible » en mai dernier... « Mais il avait pris soin de prévenir la terre entière de sa convocation, en sachant qu'il ne pourrait pas y être, ajoute Dominique...C'était une pure opération de communication réussie, puisque les médias et les réseaux sociaux se sont aussitôt emparés du sujet ».

Cette date coïncide de plus avec le « grand week-end » de la vente des Hospices de Beaune et la sortie des Beaujolais nouveaux deux jours plus tard : un moment «phare» donc, pour la région. « Ce procès nous fait du mal, poursuit le vigneron. Faire du ramdam une seconde fois sert l'individu mais dessert toute la Bourgogne ».« On peut se poser la question de ses réelles motivations, s'interroge Jean-Michel Aubinel. Fait-il tout cela pour se faire de la publicité ou agit-il vraiment par conviction...? »

 

Pour ce nouveau procès prévu mardi prochain, le scenario devrait se répéter. Les associations environnementales et la presse ont été prévenues et le viticulteur a organisé un « comité de soutien », à qui il a donné rendez-vous le jour même devant le tribunal. Thibault Liger-Belair y a également invité des associations de viticulteurs bio. « Je ne cherche pas à avoir 1000 personnes, mais des vignerons qui viennent pour exprimer leur souhait d'avoir des décisions cohérentes, plus en phase avec notre profession », se défend-il.

 

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