Cognac

Le bassin viticole pose la réflexion sur ses plantations, et sa segmentation

Jeudi 29 octobre 2015 par Alexandre Abellan

Cognac : le bassin viticole pose la réflexion sur ses plantations, et sa segmentation
Les demandes du vignobles semblent avoir porté leurs fruits pour cette deuxième mise en application charentaise du nouveau système d’autorisations de plantation.

Réuni ce 26 octobre, le Conseil de Bassin viticole Charentes demande l'ouverture d'un contingent pour des autorisations nouvelles de plantation en AOC Cognac, tout en réduisant celui des Vins Sans Indication Géographique (VSIG, ou Moûts et vins des Charentes). Pour leur deuxième mise en application du nouveau système d’autorisation de plantation, les représentants de la filière charentaise ont arrêté la demande d’un contingent global de 250 hectares en 2016*. Chaque famille s'est également engagée à fixer pour juillet 2016 une feuille de route définissant sa stratégie de production.

Conformément à la position de l'Union Générale des Viticulteurs de Cognac (UGVC), 35 ha sont demandés en AOC Cognac. Les porte-paroles du vignoble dédient ces nouvelles surfaces « aux nouveaux entrants, tout en donnant l'opportunité de donner un signal à ceux mettant sous pression le foncier » explique Stéphane Roy (président de l’UGVC). Si le Business Plan avait décidé qu’il n’y aurait pas de nouvelles plantations en AOC Cognac avant, au moins, 2017, les derniers signaux économiques positifs ont soutenu ces demandes de plantations (dont l'impact restera minime par rapport aux 75 000 ha revendiquant l’AOC Cognac).

L’appel à la prudence de l’UGVC en matière de VSIG a également été entendu. Ce sont en effet 125 ha qui seront demandés pour cette catégorie, bien en deçà des 400 ha envisagés un temps par le Comité Interprofessionnel des Moûts et Vins des Charentes (et des 400 ha obtenus pour 2015). Frein au bon développement d’un vignoble dédié aux vins sans IG, la question d’une segmentation étanche entre chaque catégorie reste posée, toutes « coexistant sur un même bassin et utilisant des cépages identiques », comme le résume la Fédération des Interprofessions du Bassin, qui annonce le lancement d’une réflexion sur le sujet (devant s'achever pour juillet 2016).

Rappelant ne pas être opposé à l'idée d'un vignoble charentais sans IG, Stéphane Roy en conditionne clairement le développement à l'évolution de « de ses niveaux de rémunérations, qui supposent un niveau de production déraisonnables d'un point de vue environnemental. Il faut qu'ils travaillent à une charte de production, et aussi avec un autre cépage pour se différencier du Cognac. » Si les autres débouchés vont donc se pencher sur l'opportunité de planter d'autres cépages que le prépondérant ugni blanc, l'AOC Cognac s'est donné pour sujet la réflexion sur le changement de statut de son vignoble, pour le passer à celui d'AOC. Il a en effet la particularité d'être classé VSIG, l'AOC Cognac n'étant obtenue qu'après la distillation.

En 2016, ce sont également 5 ha en AOC Pineau (contre 160 ha en 2015) et 85 ha pour les vins de pays charentais (contre 130 ha) qui sont demandés. Les deux interprofessions liées travailleront quant à elles au suivi de l'affectation de leurs surfaces.

 

* : qui, après validation cette fin 2015 par le conseil spécialisé de FranceAgriMer, ne seront réellement disponibles à la plantation qu'à partir de 2017 (les demandes pourront être posées entre le 1er mars et le 31 avril 2016, pour une attribution en août).

 

 

[Illustration : Logo de la Fédération des Interprofessions du Bassin Viticole Charentes-Cognac]

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