Le dogmatisme du discours anti-alcool plus dangereux que l’alcool ?

Jeudi 31 octobre 2002 par Vitisphere

Mettre en garde contre les dangers de l’alcool… mais aussi contre le véritable danger que représente, « tous risques additionnés », la non-consommation quotidienne de vin à dose modérée... tel a été le dilemme final d’un congrès scientifique mondial.
par Docteur Jean Feraud, radiologue et radiothérapeute
Président du COREVI

21 pays représentés...

Des scientifiques de 21 pays ont fait le point, du 21 au 23 octobre à Santiago du Chili, sur les relations entre le vin et la santé. L’avancement des recherches est apparu très différent selon les disciplines : Du côté des épidémiologistes (les « statisticiens de la santé ») : série ininterrompue de confirmations ; les buveurs modérés mais quotidiens de vin (2 ou 3 verres par jour) sont très sensiblement moins sujets aux accidents cardio-vasculaires, à la maladie d’Elsheimer, etc. Et surtout, leur bilan « tous risques de mortalité additionnés » (en comptant les différentes dérives alcooliques pouvant provoquer accidents, cirrhoses…) est très largement positifs. Les études « danoises » (Morten Gronbaek) et « de Nancy » (équipe Renaud) sont de plus en plus précises sur ces « bilans tous risques ». Par contre, du côté des biologistes, biochimistes et biophysiciens : les explications des phénomènes n’avancent guère ; les hypothèses de mécanismes se multiplient à travers le monde, les expérimentations sont légion…, mais personne n’est encore assuré de tenir le bon bout d’un seul des différents mécanismes. Et donc de pouvoir le reproduire un jour sans le vin, par la pharmacopée… C’est là qu’apparaît un problème moral d’envergure : la reproduction par l’industrie pharmaceutique des effets bénéfiques du vin n’étant pas pour demain… peut-on continuer à laisser mourir prématurément, par ignorance, des millions d’hommes à travers le monde, pour que quelques dizaines de milliers échappent ainsi aux risques des dérives alcooliques ? La question d’une préconisation officielle de boire 2 à 3 verres de vin par jour (« dès l’âge de 30 ans ») a été débattue, en conclusion du congrès de Santiago du Chili. Avec plusieurs spécialistes de la lutte anti-alcoolisme. Mais aucun consensus n’a été trouvé. Le message « Vin et Santé » va donc continuer à être ignoré par des campagnes anti-alcool qui finalement, à cause de ce qu’elles occultent, font plus de morts qu’elles n’épargnent de vies. Face aux « bilans tous risques », le refus de toute prise en compte des effets positifs du vin est en train de devenir moralement très contestable. La fameuse modération devrait pourtant s’appliquer dans les 2 sens : le vin ne peut plus être la bête noire de l’indispensable lutte contre l’alcool. Une fois de plus, il faut trouver le « juste milieu ».

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