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André Lacheteau, négociant en Val de Loire

Lundi 26 novembre 2001 par Vitisphere

André Lacheteau, négoce Lacheteau SA à Doué-La-Fontaine (49), est Président de l'AFED (Association française des négociants-éleveurs embouteilleurs distributeurs).
Interview réalisée par Cécile Vuchot

Interview de André Lacheteau

Comment analysez-vous les difficultés actuelles des vins français sur le marché export ? Tout d’abord, il n’y a pas un marché, mais des marchés du vin. Je crois surtout que le système des Appellations d’Origine Contrôlées manque de crédibilité pour le cœur de gamme. Normalement, ce devrait être des vins de terroir difficilement reproductibles ailleurs. Or, depuis trente ans, il s’est produit une déviation sur les génériques. Les Bordeaux et Côtes du Rhône proviennent d’assemblages de différents terroirs et n’ont pas, au final, les caractéristiques d’un produit inimitable. Il faut donc trouver un statut à ces vins de cœur de marché, afin qu’ils aient des règles de production comme les vins de pays et les vins de cépages. Il est nécessaire d’assouplir la réglementation et les pratiques œnologiques, pour pouvoir lutter à armes égales avec nos compétiteurs étrangers. Sur le plan des copeaux par exemple, je suis favorable à ce qu’ils soient autorisés pour les vins autres qu’AOC. Une réglementation sur l’étiquetage devrait bientôt voir le jour… Pourquoi ne pas en profiter pour libéraliser la réglementation sur les vins de pays et de cépages ? Vous parlez d’une offre française atomisée et de restructurer les entreprises commerciales… En effet. Le regroupement des moyens de commercialisation est indispensable. Il faut des aides pour améliorer le marketing et rassembler les multiples petites structures qui 'polluent' le marché export. Pourquoi ne pas les réunir au sein d’une grande entreprise ? Cela permettrait d’éclaircir l’offre. Comment, en Val de Loire, envisagez-vous de surmonter cette crise ? En Val de Loire, on ne ressent pas trop la crise viticole. Hormis sur le gamay, qui souffre du même mal que les vins de table français… Mais correspond-il au goût d’aujourd’hui ? Ne faudrait-il pas planter du cabernet sauvignon ? Les vins blancs et rosés marchent mieux que les rouges, en ce moment. Nous venons de créer une 'Kiwi Cuvée' à destination de la Grande-Bretagne. Ce VDP du Jardin de la France, sauvignon, est un complet succès, alors que le marché du sauvignon est assez tendu. L’idée marketing y est pour beaucoup. Son nom a d’ailleurs provoqué un article polémique dans le Financial Times… Mais est ce qu’une certaine viticulture est aujourd’hui capable de faire ces produits destinés à l’export ? En fait, il y a beaucoup d’apporteurs de raisins au négoce. Il faut donc favoriser les contrats et la sécurisation des approvisionnements pour les négociants. Si les viticulteurs vendaient du moût plutôt qu’un produit fini, cela règlerait aussi le problème de la qualité. Car un des drames actuels de la viticulture française est que les producteurs élaborent des vins dont personne ne veut !

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