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Conférence Vinitech

L'évolution des matériels de traitement et les intrants

Vendredi 01 décembre 2000 par Vitisphere


Pilotée par l'ITV et le CEMAGREF

La dose autorisée à l'emploi des produits phytosanitaires

Bruno de La Rocque, expert national vigne des services de la Protection des Végétaux, et évaluateur des dossiers biologiques d'homologation, a précisé ce que recouvre la notion de dose autorisée. L'homologation est réglementée en France par une loi de 1943, et au niveau européen par une directive de 1991, traduite dans le droit français dans un décret de 1994. Pour obtenir l'homologation d'un produit, c'est-à-dire l'autorisation de le mettre sur le marché, une firme phytosanitaire doit présenter un dossier toxicologique et écotoxicologique, et un dossier biologique. Au terme de cette procédure d'évaluation, et si le résultat en est positif, le comité d'homologation, instance paritaire, autorisera la mise sur le marché du produit phytosanitaire (ou de la préparation phytopharmaceutique, terme consacré dans la réglementation européenne). L'homologation est assortie de la fixation d'une dose maximale d'application. Cette dose est donnée pour un usage défini, c'est-à-dire un ensemble plante à protéger / partie de la plante à traiter / ennemi visé. Exprimée en unité métrique, elle doit être clairement indiquée sur l'étiquette ou la notice d'accompagnement. Il est illicite de surdoser un produit. Par contre, rien n'interdit de le sous-doser. Cependant il sera impossible de se plaindre auprès de son fabricant en cas d'échec du traitement. Dans l'état actuel des choses, il est donc impossible de préconiser un dosage différent. Pourtant on sait que d'autres éléments interviennent au moment de la pulvérisation, et suffiraient à justifier une modulation de la dose d'application : - L'évolution des matériels de traitement a généré de grandes différences dans l'efficacité de la pulvérisation. Le pourcentage de produit qui ira réellement sur la plante est donc très variable selon le type de matériel utilisé. - En fonction du cépage, du stade végétatif et de la vigueur de la plante, la surface à traiter (feuilles et grappes) pourra varier. L'homologation apparaît donc comme un processus administratif de protection des citoyens, par le biais des études toxicologiques, écotoxicologiques et biologiques. Mais elle ne répond pas à des questionnements d'ordre technique sur les doses optimales en fonction des conditions de pulvérisation et de la surface à traiter.

La réduction des intrants

Claude Vernet, de l'ITV de Montpellier, a rappelé les différentes solutions pour réduire les intrants : la culture biologique, la production raisonnée, les façons mécaniques et la réduction des doses, ainsi que les avantages et inconvénients de chacun. Concernant la réduction des doses, il a confirmé la position de M. de La Rocque : on ne peut pas aujourd'hui préconiser de sous-dosage car le viticulteur perd toute garantie de réussite du traitement. Pourtant le pourcentage de produit que l'on retrouve sur la plante varie de 40 à 85% selon le matériel utilisé. Il dépend du mode de pulvérisation, du ciblage réalisé, de la possibilité de traiter face par face ou de boucher certaines buses, de la présence de panneaux récupérateurs... M. Vernet a également rappelé que le contrôle des pulvérisateurs devrait être obligatoire en 2003 et que la qualité de pulvérisation devrait logiquement augmenter. Il est donc souhaitable que les doses d'homologation soient modulées en fonction du type de matériel utilisé.

Etude du rendement de la pulvérisation

Marc Raynal, de l'ITV de Bordeaux, a présenté le programme d'étude du rendement de la pulvérisation, qui a démarré en 1996. Il a succédé à l'étude baptisée 'évaluation de la qualité de la pulvérisation' menée de 1988 à 1996. Le calcul de la quantité de produit déposé sur la plante nécessite d'évaluer la surface à traiter (surface développée des feuilles et des grappes) au cours du développement végétatif de la plante, et de mesurer la quantité de matière active déposée (en µg/cm2). A partir de la quantité de produit appliquée initialement, on calcule ensuite le rendement de la pulvérisation. Cette valeur doit être complétée par l'observation de la répartition de la matière active sur la plante, car on peut avoir un bon rendement mais une hétérogénéité de répartition (donc des zones insuffisamment ou pas du tout traitées). Des mesures effectuées sur 17 parcelles du Bordelais ont montré qu'il existe une grande variabilité de la surface à traiter en fonction notamment du stade végétatif et de la vigueur de la vigne.

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