Flavescence dorée 

« D'ici une dizaine d'années, le vignoble de Savoie aura disparu »

Mercredi 23 septembre 2015 par Juliette Cassagnes

Flavescence dorée : « D'ici une dizaine d'années, le vignoble de Savoie aura disparu »
Si la prospection des vignes contre la flavescence dorée se passe bien en Savoie, il en est tout autrement de la lutte insecticide contre la cicadelle.

La prospection contre la flavescence dorée a démarré en Savoie depuis le mois d'août : déjà un tiers du vignoble a été passé au peigne fin, afin de détecter d'éventuels symptômes de la maladie. « Depuis 2011, celles-ci sont encadrées et se passent très bien, témoigne Fabienne Carteron, directrice de la Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles des Savoie (FDGDON). Environ 400 personnes détentrices de vignes sont concernées, soit une couverture de 100% du vignoble ». Assurée par quatre équipes qui « tournent » en permanence, l'opération devrait se terminer d'ici fin octobre - début novembre 2015.

 

Mais les premiers résultats qui en sont issus montrent à nouveau, malgré l'arrachage l'hiver dernier de 14.500 pieds contaminés sur 1.746 parcelles, de « gros foyers avec un taux de 70% de pieds malades » ; « C'est énorme ! », se désole la directrice. Car si les prospections et les arrachages se passent bien dans ce vignoble fortement atteint par cette maladie, il en est tout autrement des traitements insecticides... « Les viticulteurs, dont beaucoup en agriculture biologique, sont trop nombreux à refuser d'effectuer les traitements insecticides. Résultat : l'insecte reste très présent et la maladie progresse depuis trois ans. Entre 2013 et 2014, 3.000 ceps supplémentaires ont dû être arrachés », explique celle-ci.

 

Autre problème soulevé par la directrice : les services de l'Etat qui n'arrivent pas à faire appliquer la loi. Suite aux contrôles effectués au printemps 2015, le SRAL a convoqué les viticulteurs récalcitrants. « Mais il n'a pas été au bout vis-à-vis du respect de l'arrêté préfectoral, indique Fabienne Carteron. Les viticulteurs concernés n'ont finalement été contraints de traiter que les parcelles contaminées, pas la totalité du périmètre obligatoire ».

 

Une décision qui est restée en travers de la gorge des autres vignerons, qui eux, « font tout correctement » : «Ils n'ont pas compris cette décision. Pourquoi eux seraient-ils obligés de les faire et pas les autres ?, interroge celle-ci. Tout le monde doit être logé à la même enseigne, sinon, cela ne sert à rien ». Et de poursuivre :« La situation est tendue entre les viticulteurs... ». Début 2016, une réunion est prévue entre les services de l'Etat, la FDGDON et les viticulteurs qui traitent ; ils souhaitent faire pression auprès du SRAL pour qu'au printemps prochain, celui-ci « aille au bout de la procédure ».

 

Outre le fait d'accroître la présence de la maladie, les "non-traitements" ont aussi comme conséquence de « démotiver » ceux qui traitent: "A leur tour, ils arrêtent de les faire, estimant que cela ne sert à rien", ajoute celle-ci, un brin démoralisée...« Les viticulteurs ont conscience que leur refus de traiter entraîne le développement de la maladie et l'arrachage de leurs parcelles, mais cela ne leur importe guère... A ce train là, il n'y aura plus de vignes d'ici une dizaine d'années en Savoie  », conclut la directrice de la FDGDON.  

[crédit photo: site internet http://flavescencedoree.jimdo.com/]

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