Crémant

Une vendange en baisse de 20%

Mercredi 16 septembre 2015 par Marion Sepeau Ivaldi

Crémant : une vendange en baisse de 20%
La maturation extrêmement rapide des raisins à limiter le nombre jours pour vendanger les crémants, ce qui limite la production de cette année.

« La maturation de la vendange a évolué de façon spectaculaire, c’est du jamais vu ! ». Olivier Sohler, directeur de la Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de Crémant avoue qu’en trente ans de carrière, il n’avait jamais vu le degré monter aussi vite. La hausse a été tellement rapide qu’elle a laissé parfois moins d’une semaine pour cueillir les raisins en dessous de 12°. En conséquence, le volume vinifié cette année sera en baisse en moyenne de 20%, quand la production annuelle était de 668 400 hl en 2014. La commercialisation devrait se ressentir à partir du début 2017, date de mise en marché des premières bouteilles. Les cours des Crémants pourraient s’orienter à la hausse. « Les prix des vins de base sont déjà constatés en augmentation » remarque Olivier Sohler. La hausse serait de 30% avec un prix moyen de 2,80 euros/hl contre 2,20 euros/hl l’an dernier.  

Ce repli de l’offre n’est pas une nouvelle particulièrement bonne pour la filière des Crémants. Avec 75 millions de cols vendus en 2014, ces AOC effervescentes connaissent une progression annuelle de leur vente de 5% chaque année, dans un contexte de stocks plutôt faibles. L’offre peine à combler la demande. L’une des problématiques est donc l’investissement dans la production et pour ce faire, les régions trouvent chacune leurs solutions. En Bourgogne, le recrutement de producteurs s’est fait en Beaujolais qui fournit désormais 25% des volumes (170 000 hl en 2014). Dans le Jura, le vignoble est peu à peu converti à la production. « Il nous faut pallier au manque de production en plantant des cépages et des porte-greffes plus vigoureux » reconnaît Franck Vichet, président de la Société de viticulture du Jura.  En Gironde, « la coopération est un vrai moteur pour la développer » indique Hubert Burnereau, président de la cave coopérative Saint-Pey de Castets (137 viticulteurs pour 1000 ha), qui produit 40% des volumes de Crémants du département. La rémunération versée par la cave coopérative est motivante : « entre 7500 et 8000 euros/ha l’an dernier, soit 1000 euros de plus que pour le Bordeaux » poursuit le président. Reste qu’il faut avoir suffisamment de trésorerie pour avancer le coup d’une vendange manuelle et une adaptation de la taille du vignoble, quand la première rémunération tombe 18 mois après la première vendange…

Dans ce contexte d’offre insuffisante, la filière Crémant accueille une bonne nouvelle. Une huitième appellation vient rejoindre l’aréopage de ces AOC effervescentes. Le décret du Crémant de Savoie vient d’être publié le 14 septembre. Selon Olivier Sohler, la production serait potentiellement d’un million de bouteilles pour cette nouvelle appellation qui misera sur le jacquère et l’altesse, les deux cépages emblématiques de la Savoie.

 

 

[Crédit photo : M. Ivaldi]

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