Mildiou et oïdium

11 cépages résistants entrent au catalogue italien

Mercredi 16 septembre 2015 par Alexandre Abellan

Mildiou et oïdium : 11 cépages résistants entrent au catalogue italien
En Italie, les premiers hybrides résistants viennent d'être inscrits. Pour les vignerons français, cela ouvre de nouvelles possibilités d’expérimentation.

Ce 4 août, la République Italienne a publié le décret d’inscription au registre national de 7 nouvelles variétés résistantes au mildiou et l’oïdium : cabernet eidos, cabernet volos, merlot kanthus, merlot khorus, sauvignon kretos, sauvignon nepis et sauvignon rytos. Complétant la liste de quatre hybrides résistants publiée en avril (Fleurtai B, Julius N, Solaris B et Sorèli B), cette publication est une première en Italie, ouvrant de nouvelles possibilités d’expérimentation pour les vignerons français (pour une commercialisation dans la catégorie des Vins Sans Indication Géographique).

Développés depuis une quinzaine d'années par l'Institut de Génomique d’Udine (Frioul), ces plants seront diffusés en exclusivité par la pépinière Vivai Cooperativi Rauscedo (VCR). Si à terme l’objectif est de commercialiser deux millions de plants résistants dans le monde, VCR va lancer très progressivement ces nouvelles variétés. Il ne s’agit d’ailleurs que d’une première fournée de cépages résistants précise Kevin Baralon (cadre commercial pour VCR France), qui souligne que « les plants que l’on pourra proposer ne seront pas suffisants pour répondre à la demande attendue ».

Présent au prochain salon technique Sitevi (24-26 novembre 2015), il fera déguster des vins obtenus par microvinifications* pour démontrer de la qualité de ses cépages : « les cabernets ont une touche de cabernet, idem pour les sauvignons et merlots » assure-t-il. Obtenus par rétrocroisements, ces cépages revendiquent par leur dénomination une paternité autant génétique qu’aromatique. Pour ne pas dire commerciale, ce qui est un prérequis indispensable pour Jacques Gravegeal (président de l'Interprofession des Vins de Pays d’Oc) : « il est hors de question que les cépages résistants n'aient pas de nom de réputation internationale. Sinon ils seront invendables ! »

Ces variétés italiennes présentent aussi bien des résistances « simples » (ou monogénique) que « doubles » (polygéniques). Contrairement aux variétés de l’Institut National de Recherche Agronomique (attendus pour démonstrations en 2016), qui présenteront exclusivement des résistances polygéniques aux maladies cryptogamiques. « En Italie, nous avons le même objectif de création de variétés polygéniques. Mais il faut que les vins obtenus soient bons. Je préfère un cépage monogénique qui donne un bon vin, qu'un polygénique qui en donne un mauvais : seul le premier contente le vigneron et le consommateur ! » confiait, lors du dernier Vinitech, le docteur Eugenio Sartori (directeur de VCR).

Fondée en 1933, la pépinière Vivai Cooperativi Rauscedo (VCR) réunit dans le Frioul 250 coopérateurs, qui plantent plus de 95 millions de pieds de vignes par an.

 

 

* : De telles dégustations étaient proposées lors du salon Vinitech 2014. Mais à l’époque, les cépages étaient baptisés « cabernet royal », « petit merlot », sauvignon doré »… Des adjectifs qualificatifs rétorqués par l’administration italienne et l'Office Communautaire des Variétés Végétales (CPOV), qui ont préféré des noms de fantaisie (aux connotations hellénistiques).

 

 

[Photo : Gazzetta Ufficiale della Repubblica Italiana]

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