Vendanges 2015 en Bourgogne

Une précocité proche de 2007 et 2011

Jeudi 20 août 2015 par Alexandre Abellan

Grappe de pinot noir en 2011
Grappe de pinot noir en 2011

Ce 17 août, le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne réalisait ses premiers prélèvements de maturité sur son réseau de 35 parcelles de référence. Responsable Agrométéo au BIVB, Christine Monamy se montre logiquement prudente quant aux qualités et quantités à espérer du prochain millésime (elle ne souhaite ainsi pas commenter les analyses de composés phénoliques, attendant de confirmer les bons niveaux observés et les données d’extractibilité).

Néanmoins, la responsable peut d’ores et déjà annoncer que « les teneurs en sucre sont déjà largement acceptables, avec des degrés alcool potentiels moyens de 10° pour le pinot noir et 9° pour le chardonnay. Pour l’instant, le seul point de vigilance est l’acidité, qui est faible après les chaleurs de l’été. » Alors qu’elles ne sont pas encore à maturité, les baies de pinot noir affichent déjà des acidités totales moyennes de 6 g/L et des pH de 3 à 3,1. Si l’acidité peut être infléchie par les vinifications, Christine Monamy conseille aux vignerons « d’être vigilants, surtout sur les parcelles à faible charge, pour ne pas se laisser surprendre et vendanger à surmaturité. Ce qui est préjudiciable pour la qualité et la quantité » et avait entaché la garde des vins de 2003 et 2005.

2015 n’est cependant pas comparable, en sécheresse, à ses deux millésimes. Sa précocité le rapproche plutôt des récoltes 2007 et 2011 (pourtant marquées par des parcours climatiques très différents). Commencée précocement, la véraison s’est finalement déroulée au ralenti, freinée par le fort déficit hydrique de juillet. « Les pluies du début août ont été salvatrices pour débloquer la situation » rapporte Christine Monamy, « mais elles ont été irrégulières, étant majoritairement orageuses. Des secteurs de l’Yonne souffrent toujours de manque d’eau. » C’est aussi le cas de terroirs aux sols particulièrement drainants.

Mis à part ces cas particuliers (et les jeunes vignes, qui ont souffert du stress), la situation est globalement bonne dans le vignoble, avec une pression sanitaire faible. « Les deux seuls fléaux que nous pouvons encore craindre, ce sont la pourriture grise et la grêle. Nous avons un bon potentiel au vignoble, espérons que l’on puisse l’amener au bout » conclut Christine Monamy. Prudent par nature, le vignoble bourguignon n’ose donc se féliciter d’avoir été épargné ce millésime.

Pour se rassurer, il préfère surveiller la bonne avancée de ses maturités, et compter les jours qui le séparent de précoces vendanges 2015, annoncées pour début septembre. Dans les secteurs les plus précoces, les raisins seraient déjà proches de la pleine maturité. Les premières récoltes pourraient débuter dès cette fin de semaine en Beaujolais, et devraient progressivement suivre dans le Mâconnais, puis dans les Côtes de Beaune et de Nuits, avant de s’étendre à l’Yonne.

 

 

 

 

 

[Photo d'une grappe de pinot noir en 2011 : BIVB / IBANEZ A]

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