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Vignes OGM

Les difficultés d'une définition consensuelle

Mardi 21 juillet 2015 par Alexandre Abellan

Vignes OGM : les difficultés d'une définition consensuelle

Alors que les délais de mise en marché de cépages à résistance polygénique au mildiou et à l'oïdium sont une source d'impatience dans le vignoble (les variétés de l'INRA ne seront inscrites qu'en 2016), la question des modalités d'obtention des nouvelles variétés viticole ne fait plus débat. Depuis l'action de faucheurs anti-OGM sur les parcelles expérimentales de l'INRA de Colmar, l'idée même de vignes obtenues par ingénierie génétique semble inconcevable. Au grand dam de certains chercheurs, qui regrettent (en aparté) que soient interdits d'office des outils qui pourraient intégrer plus rapidement des critères d'intérêt (adaptation au changement climatique, résistances aux maladies du bois, nématodes, virus...) au génome de variétés connues (qui conserveraient la typicité de leur production de raisins).

Si dans l'état le sujet semble irrémédiablement gelé, il reste un enjeu réglementaire épineux : la définition même de ce qu'est une vigne OGM, afin de pouvoir fixer la dénomination et l'étiquetage des produits obtenus. N'ayant pas réussi à dégager un consensus, les membres du groupe Biotechnologie de l'Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV) viennent de recenser l'ensemble des éléments de leurs débats internes sur ce thème. N'étant en rien une résolution (les propositions contenues n'ayant pas dégagé de consensus), ce document permet de souligner les difficultés d'intégration des biotechnologies dans la vigne.

Il n'existe pas de définition internationale harmonisée d'une vigne OGM souligne le rapport, qui estime distingue les cas selon « l'introduction d'un ou plusieurs gènes dans le cépage (issu(s) de Vitis vinifera ou d'une autre variété au moins), l'introduction d'un ou gène ou plus dans le porte-greffe (du genre Vitis ou d'autre(s) origine(s)) ». S'il est communément admis que les OGM se basent sur le recours à des techniques outrepassant les règles physiologiques de reproduction des individus (telles qu'utilisées dans les techniques traditionnelles d'hybridation et de sélection), les experts de l'OIV n'ont pas réussi à s'accorder sur la définition viti-vinicole de l'ingénierie génétique et sa liste d'exceptions (notamment la fusion de cellules et de protoplastes).

Ce qui empêche de définir précisément une vigne OGM, « dont le cep ou le porte-greffe a été modifié grâce à des techniques génétiques » esquisse le dossier. Restent également en suspens des questions encore plus délicates : la définition des produits obtenus par des vignes OGM. Et plus particulièrement, « les grappes produites par des cépages non OGM greffés sur du matériel OGM sont-elles OGM ? » se demandent les experts, qui souhaitent que soit déterminée l'existence, ou non, de transferts de matériel génétique entre le cep et le porte-greffe. Quitte à être pointilleux, le rapport souligne également la question des levures obtenues par modification génétique et de la nécessité, ou non, d'identifier leur utilisation sur les étiquettes.

 

 

* : Un premier jet de résolution sur les OGM en viticulture a été proposé à l'OIV en novembre 1998, puis reporté jusqu'au congrès de juin 2003 (à Paris), où il a été conclu qu'il fallait poursuivre les recherches sur l'évaluation des nouvelles biotechnologies. Cette approche a été encore formalisée pour le plan stratégique de l'OIV 2015-2019.

 

 

[Illustration : Mr. DNA (Jurassic Park/Universal, 1993)]

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