Bourgogne

Retrait d'un tiers des volumes de vins exportés en trois ans

Lundi 13 juillet 2015 par Cédric Michelin La Vigne - Vitisphere

Bourgogne : retrait d'un tiers des volumes de vins exportés en trois ans

La situation économique contraste avec l'esprit de fête qui domine en Bourgogne. Officiel depuis le samedi 4 juillet, le classement des Climats de Bourgogne au patrimoine mondial de l’Unesco représente, pour Claude Chevalier, président du BIVB, le classement « de toute la Bourgogne ». Il a insisté sur le point lors de l’AG de l’interprofession qui se tenait à Beaune (Côte-d’Or), le 8 juillet, précisant que cet événement relance fortement le projet de Cité des vins de Bourgogne.

 

Cette bonne nouvelle ne suffit pas à atténuer les « nuages qui s’amoncellent » au-dessus des marchés malgré le retour d’une récolte « normale » l’an dernier (1,579 million d’hl en 2014 ; +19 %), après deux années déficitaires.

 

Côté marchés en amont, les transactions ont été « stables » en rouge (+1 %) comme en blanc (+2 %) par rapport à la moyenne sur cinq ans. Sur les marchés aval, il n’en n’a pas été de même.  Si, au global, la Bourgogne affiche -6,3 % en volume et +3,4 % en valeur à l’export, Louis-Fabrice Latour, le président-délégué du BIVB, invitait à ne pas négliger « l’effet taux de change » de l’euro qui a aidé sur l’exercice.

 

Ce dernier a pointé du doigt la « déception britannique » puisque les marchés anglais ont « décroché » avec encore -12 % en volume en 2015 après les - 23 % et -15 %, respectivement en 2014 et 2015. Le Japon pourrait ainsi « d’ici la fin de l’année » lui ravir la deuxième place. Le BIVB constate que la Bourgogne a perdu un tiers de ses volumes en trois ans à l’export. « Ce n’est pas une bonne nouvelle même si on valorise nos vins car avant on pouvait dire qu’on avait des petites récoltes », a-t-il glissé.

 

En France, les marchés « tiennent », sauf les crémants et l’aligoté. Pour le négociant Beaunois, cela fait « suite aux hausses » des prix bouteilles, juge-t-il. Il trouvait « dur » de ne plus voir de vins de Bourgogne à moins de 10 euros en restauration française notamment, alors que Louis-Fabrice Latour, auparavant président des négociants (FNEB), prônait l’inverse les années passées.

 

Un moyen habile de mettre la pression avant de définir la nouvelle stratégie de l’interprofession à l’horizon 2020. Celle-ci remplacera le plan Amplitudes 2015 qui visait justement la montée en gamme, notamment des appellations régionales.

 

Le nouveau plan sera présenté en décembre. Lors de cette prochaine assemblée générale, comme le veut la coutume, Claude Chevalier, actuel président du BIVB, devrait permuter avec… Louis-Fabrice Latour.

 

 

[Crédit photo : Cédric Michelin]

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé