Beaujolais

Crise à l'interprofession des vins

Vendredi 03 juillet 2015 par D. B. La Vigne - Vitisphere

Beaujolais : crise à l'interprofession des vins

Le Beaujolais n’en finit plus de se déchirer. Après le départ des crus de l’Union des vignerons du Beaujolais et la fin annoncée de cette dernière (voir notre encadré), une nouvelle crise est apparue, cette fois au sein de l’interprofession.

Le 1er juillet, les représentants de la production, qu’ils soient issus des beaujolais, des villages ou des crus, ont boycotté le conseil d’administration d’Inter Beaujolais. À la place, un communiqué a été lu dans lequel les vignerons mettent l’accent sur « l’échec du dialogue interprofessionnel qui ne nous permet pas de dégager une stratégie commune (…). Nous sommes en désaccord avec le budget 2015-2016, largement déficitaire, (de 800 000 € selon nos informations, NDLR) et qui fait apparaître des coupes sombres sur les actions de promotion ».

Les producteurs font notamment référence à la réduction par deux du budget promotion en GD, ou encore au recul du soutien aux Beaujolympiades, organisées à Lyon pour le déblocage du primeur par les Jeunes agriculteurs. « D’autres interprofessions fonctionnent différemment. Il faut modifier notre fonctionnement, nos propositions n’ont jamais été entendues par le négoce et par la direction d’Inter », estiment-ils.

Des attaques que Philippe Tranchand, président de l’Union des maisons de vins Beaujolais-Mâconnais, met sur le compte « d’une crise de représentativité des ODG vis-à-vis de leur base ; ils sont un peu perdus. Nous ne sommes pas contre le changement, mais que l’on nous présente un plan stratégique. ça n’a pas été le cas jusqu’alors. Par ailleurs, si les actions de promotion n’avaient pas été réduites, le budget aurait encore été davantage déficitaire. Enfin, quand on nous parle d’actions interprofessionnelles de promotion en faveur de la vente directe, le négoce a le droit de ne pas être forcément d’accord… »

Il semblerait que les tensions, qui existaient depuis de longs mois, aient été exacerbées par la situation des marchés du vrac, notamment en beaujolais et beaujolais villages. Des volumes échangés faméliques alliés à des cours très bas ont tendu les relations entre production et négoce. La dénonciation de contrats, annuels ou pluriannuels, par certains négociants, ayant mis le feu aux poudres.

Une réunion de conciliation est prévue le lundi 6 juillet. La température va-t-elle baisser ?

 

[Crédit : Inter Beaujolais]
 

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VOS RÉACTIONS
Florent D Le 03 juillet 2015 à 16:59:10
C'est rigolo, Monsieur Tranchand. Votre constat sur les négociants qui ont le droit de ne pas être en accord avec les demandes des producteurs fonctionne parfaitement dans la réciproque. Or, c'est bien le négoce qui asphyxie les producteurs et non l'inverse. Enfin, une vraie rupture semble s'amorcer. Et c'est une excellente nouvelle. Laissez revenir les petits négociants et intermédiaires faire le travail qu'ils faisaient avant pour que tout le monde mange à sa faim, plutôt que de raconter des conneries.
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