Vinexpo 2015

Les explications de ceux qui n'y exposent plus

Vendredi 12 juin 2015 par Alexandre Abellan

Vinexpo 2015 : les explications de ceux qui n'y exposent plus

Loin d'être exhaustive, la liste des pointures du vignoble mondial absentes de la prochaine édition du salon Vinexpo a de quoi interpeller : la maison rhodanienne M. Chapoutier, le groupe sud-africain Distell, le groupe californien E&J Gallo, le distributeur Moët Hennessy Diageo, le groupe Pernod-Ricard, les champagnes Taittinger, le syndicat Wine of Australia... Certains critiques de Vinexpo estiment qu'au lieu d'investir dans de la logistique, la nouvelle direction du salon aurait dû chercher à séduire ces poids lourds de la filière des vins et spiritueux (pour mieux recruter de nouveaux visiteurs).

Il n'est pas facile d'obtenir les explications de ceux qui boudent le salon cette année. Ceux qui veulent bien s'exprimer à visage découvert, mettent surtout en avant un souci de rationalisation. Participant au salon Vinexpo depuis 1981, elle a décidé, l'an dernier, de ne pas louer de stand en 2015. « Les salons se développent et représentent une somme important dans nos budgets de communication et de marketing. Ils restent une vitrine importante, à condition de bien choisir ceux qui ont un réel impact commercial » explique Valérie Vincent. Responsable de la communication pour Gabriel Meffre, elle estime que « depuis plusieurs éditions, Vinexpo Bordeaux était devenu un salon plus relationnel que "business", il est devenu chaque année de plus en plus coûteux, pour un visitorat et des prestations de moins en moins satisfaisantes ».

Responsable du marketing européen des Vignerons de Nouvelle-Zélande (NZW), Chris Stroud partage ce constat. Son syndicat n'a pas exposé à Vinexpo depuis 2003 (année caniculaire où l'absence de climatisation a laissé un souvenir cuisant pour de nombreux domaines du nouveau monde viticole). « Nous avons des budgets et ressources limités, donc nous devons nous concentrer sur les marchés européens clés pour les vins néo-zélandais » explique-t-il. Absent de la London Wine Fair comme de Vinitaly, le NZW se concentre exclusivement sur le salon Prowein, « que nous voyons comme le salon le plus important pour nous, afin d'attirer les acheteurs et leaders d'opinion ».

Même rationalisation des budgets pour Valérie Vincent, qui a fait le choix de développer le salon Prowein, avec un agrandissement du stand Gabriel Meffre, au détriment d'une présence à Vinexpo (tout en maintenant la présence à Vinisud, pour « sa localisation et de notre ancrage en Vallée du Rhône & Languedoc », et Vinexpo Hong-Kong « car nous sommes bien implantés en Asie »). Valérie Vincent sera cependant présente à Vinexpo 2015, invitée par la direction commerciale, elle compte juger sur pièces des nouveautés mises en place. Et pour envisager un retour en 2017 d'un stand Gabriel Meffre, elle attend de Vinexpo « qu'il redevienne un vrai salon d'affaires international dans lequel le monde du vin rayonne pleinement ».

Pour Chris Stroud, seule une forte demande de ses adhérents pourrait le pousser à revoir sa stratégie. C'est en effet le désintérêt des domaines néo-zélandais* qui a conduit à l'annulation du stand NZW en 2005 : « nous pouvons seulement participer à ces événements avec le soutien et l'implication de nos wineries ».

Des réserves qui n'entament pas la combativité et l'optimisme de Guillaume Deglise, qui s'annonce impatient d'ouvrir sa première édition de Vinexop Bordeaux en tant que directeur général (cliquer ici pour lire son interview).

 

 

* : en 2015, trois domaines de Nouvelle-Zélande sont annoncés à Vinexpo.

 

 

[Photo : Montage de stand au parc des expositions de Bordeaux, ce 10 juin]

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