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Bordeaux 2015

Les bio, mieux lotis dans leur protection phyto ?

Vendredi 05 juin 2015 par Alexandre Abellan

Bordeaux 2015 : les bio, mieux lotis dans leur protection phyto ?

Dans les secteurs du saint-émilionnais, la pression incessante du mildiou et du black-rot continue d'inquiéter en cette période de floraison : des grappes et rameaux présentent de forts degrés d'extériorisation. « Sur certaines parcelles on a de gros dégâts. En Nord Gironde on va avoir des parcelles à rendements très faibles. Cela va être problématique. Et pas que sur bio. D'ailleurs ce serait plutôt l'inverse » estime Laurent Bernos, le directeur vigne et vin de la Chambre d'Agriculture de Gironde. Les faibles marges de manœuvre en bio poussent en effet aux traitements préventifs, bien amont des symptômes déclenchant les traitements en conventionnel. Partageant globalement ce constat d'un vignoble bio plus sain, Etienne Laveau (technicien bio à la CA33) relativise cependant : « il n'y a malheureusement pas de règles. Des bio ont été touchés et des conventionnels s'en sortent très bien. La distinction se fait entre ceux qui sont partis en traitements avant le premier mai ».

Si les premières contaminations de mildiou ont été repérées à la mi-avril en Gironde, le cap a en effet été franchi avec les pluies de la fin avril. Ces orages, et leurs conséquences phytosanitaires, ont surpris le vignoble : « les modèles ont sous-estimé l'agressivité du mildiou » reconnaît Laurent Bernos. L'erreur des simulations viendrait de la virulence exceptionnelle des champignons* : « il n'y avait aucun symptôme sur le vignoble et on a basculé sur une seule pluie. Parfois avec des pertes de 50 à 80 % du potentiel de production » constate Etienne Laveau. Pour le technicien, cette pression pourrait être liée aux démarches de réduction des traitements phytosanitaires : « on joue sur le fil du rasoir. Quand on réduit les interventions, on s'expose forcément à un risque supérieur de pertes locales. L'inoculum peut plus facilement s'installer, c'est que l'on observe avec le black-rot. La difficulté est actuellement de trouver les équilibres. »

Aujourd'hui, la zone touchée par le mildiou et le black-rot semble suivre le couloir orageux de la fin avril : du nord des Graves au nord Libourne en passant par Targon (en regard, le Médoc semble épargné). Si le dernier Bulletin de Santé du Végétal n'est pas avare en conseils de prophylaxie (ébourgeonnages, effeuillages ou épamprages précoces) pour gérer cette pression, les experts sont globalement optimistes sur l'issue de ce début de campagne. « Ca me rappelle le début de la saison en l'an 2000, on avait eu très peur, et au final il y avait eu peu de perte de volumes » rassure Laurent Bernos, qui appuie sur des sorties de grappes correctes et une floraison globalement homogène.

 

 

* : Y compris l'oïdium dans des tests en conditions artificielle. La pression oïdium est actuellement très limitée dans le vignoble.

 

 

[Photo : symptômes de black-rot sur une inflorescence ; C.Delacroix/URAB]

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