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Beaujolais nouveau en GD

Des campagnes de plus en plus courtes

Mercredi 06 mai 2015 par Juliette Cassagnes

Beaujolais nouveau en GD : des campagnes de plus en plus courtes

Les volumes vendus en 2014 - vente directe et négoce - des Beaujolais et Beaujolais villages en primeurs n’ont pas été à la hauteur des espérances des opérateurs du vignoble. Au total, ils ont atteint 201.000 hl, soit 30.000 hl de moins par rapport à 2013…Mais surtout, les chiffres baissent de façon continue depuis dix ans : ils ont chuté de 53% pour les Beaujolais nouveaux et de 38% pour les Beaujolais villages nouveaux. Pour comprendre les raisons de ce retrait, Interbeaujolais a commandité une étude sur les ventes 2014 de Beaujolais en grande distribution française, hyper et supermarchés hors hard-discount, où la moitié des volumes de ces vins est écoulée.

Le premier constat est que les campagnes « vins primeurs » conduites par les enseignes françaises sont de plus en plus courtes au fil des ans, conduisant à une perte des volumes : « De trois semaines, on est dorénavant pour certains magasins à trois ou quatre jours, a expliqué Xavier Jungmann, le consultant auteur de l’étude. Dès le lundi suivant le week-end du lancement des primeurs, elles n’ont donc déjà plus une goutte de Beaujolais ou Beaujolais villages nouveau en rayons !».

 

La raison de la baisse des ventes n’est donc pas uniquement à chercher du côté des consommateurs, mais également des acheteurs de la grande distribution. Par peur de se retrouver avec des stocks sur les bras, ces derniers jouent la prudence, en achetant de petites quantités de vins nouveaux. Cette tendance de rupture prématurée étant par ailleurs encore plus marquée en supermarchés qu’en hypermarchés. Pour les Beaujolais nouveaux, le consultant remarque aussi une « baisse des rotations » et des vins « moins mis en avant, au travers par exemple des têtes de gondoles, des prospectus ou des animations en magasin ».

 

Un autre constat est celui de l’évolution, à la baisse, des prix moyens de vente des Beaujolais nouveaux sur dix jours. « Plus on avance dans la campagne des vins primeurs, moins les vins sont chers, poursuit Xavier Jungmann. Ce qui pourrait supposer que les références les plus chères soient vendues plus vite, et que les distributeurs se retrouvent à la fin avec les vins d’entrée de marché, dont certains restent invendus… ». Et d’en déduire que les acheteurs s'approvisionneraient trop de ce type de vins et pas suffisamment des produits les mieux valorisés, qui eux, seraient en rupture. « Nous avons donc raté des ventes à cause de cela », se désole David Ratignier, vigneron dans l’appellation, qui, comme de nombreux vignerons, se positionne sur les vins mieux valorisés.

[Crédit photo: J Cassagnes]

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