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Meilleur sommelier du monde

Titre chèrement acquis pour la gloire, mais pas que

Vendredi 17 avril 2015 par Alexandre Abellan

Meilleur sommelier du monde : titre chèrement acquis pour la gloire, mais pas que

Quelle meilleure preuve de la reconnaissance de l'émergence du vignoble belge que la dégustation à l'aveugle de son dernier millésime par le meilleur sommelier du monde 2007, en prime pour Tasted! 100% Blind ? A moins que la dégustation ne se révèle avant tout intéressée par le potentiel commercial de la filière belge naissante, comme le soupçonne le sommelier belge Fabrizio Bucella. Dans une tribune sur le Huffington Post, il vient de publier un document qui promet en effet aux vignerons belges « pour chaque vin enregistré, recevez la reconnaissance d'Andreas Larsson, meilleur sommelier du monde », « une vidéo de dégustation », « un impact international (résultats publiés sur le site) » et même « un diplôme ». Soit un kit-media pour la modique somme de 199 euros par échantillon.

Une approche commerciale on ne peut plus assumée par le fondateur de Tasted!, Anthony Chicheportiche. Rappelant qu'il ne publie plus de revue depuis 2013, il explique « que les dégustations ne sont en aucun cas de l'initiative d'Andreas Larsson, il est employé pour déguster à l'aveugle. Et toutes ses notes ne sont pas bonnes ! Si le titre de meilleur sommelier interdit le droit de travailler : il faut le dire ! » Car au-delà du système de dégustation à l'aveugle passé au filtre d'une sélection payante (pratiqué au demeurant par la quasi-totalité des concours de dégustation), se pose également la question de l'éthique dans la monétarisation du titre de Meilleur Sommelier du monde.

La récompense du meilleur sommelier du monde restant symbolique (un trophée, quelques bouteilles...), « on gagne le titre pour la gloire. Avec beaucoup d'abnégation, il est donc assez logique de le valoriser » pose Philippe Faure-Brac. Meilleur sommelier du monde 1992 et toujours restaurateur, il précise qu'« ensuite il faut se fixer des limites. Mais même si une opération est rémunérée pour utiliser notre image, il faut la juger selon l'apport d'information au public ».

Très convoités une fois récompensés, ces sommeliers sont inévitablement soumis à la tentation de réduire leur activité à table pour devenir des consultants itinérants. Meilleur sommelier du monde en 2013, le consultant suisse Paolo Basso estime que « l'on est tellement sollicités qu'il serait dommage de ne pas saisir des opportunités et de rester à travailler dans un seul restaurant alors que l'on peut se développer dans plusieurs et se diversifier. On a payé trop cher notre titre, en travail et sacrifices, pour ne pas vouloir profiter de cette visibilité accrue. On travaille comme un guide dans un musée. L'oeuvre d'art peut vous parler seule, mais avec un critique elle prend tout son sens. »

En attendant la prochaine épreuve du meilleur sommelier du monde (organisée par l'Association de la Sommellerie Internationale), le club des 14 titulaires actuels devrait se réunir en juin prochain, lors de Vinexpo. L'occasion pour eux d'évoquer ces questions d'éthique et de transmission.

 

 

[Photos : Andreas Larsson (à gauche, Polina Viljun), Philippe Faure-Brac (en haut à droite par Harcourt) et Paolo Basso (en bas à droite, ASI)]

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