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LGV Aquitaine

L'enquête publique conclut à l'inutilité publique, grâce aux questions du vignoble

Mercredi 01 avril 2015 par Alexandre Abellan

LGV Aquitaine : l'enquête publique conclut à l'inutilité publique, grâce aux questions du vignoble

Refusant le statut d'utilité publique au Grand Projet Ferroviaire du Sud-Ouest, le rapport de la commission d'enquête publique s'appuie notamment sur les « conséquences défavorables sur l’ensemble des AOC traversées, les viticulteurs ne pourront reconstituer leur vignoble initial et la longue période d’incertitude pèse sur l’avenir des entreprises ». Ouverte par la préfecture de Gironde du 14 octobre au 8 décembre 2014, cette enquête publique sur le projet de construction de Lignes à Grande Vitesse reliant Bordeaux à Toulouse et Dax a reçu 396 questions. « Plus de la moitié concerne les AOC des vignobles traversés par le tracé » détaille la Commission d'enquête.

Et alors que le tracé se garde bien de traverser l'appellation de Sauternes-Barsac, 160 observations à son sujet ont été adressées à la Commission d'enquête, craignant sur le bassin hydrographique du Ciron une modification de la climatologie et des conditions de développement de la pourriture noble (cliquer ici pour en savoir plus). Jugées « bien tardives », ces interpellations seraient « vraisemblablement une opportunité de communication saisie par les opposants » avance la Commission d'enquête, qui « s’étonne d’ailleurs qu’une étude scientifique visant à identifier les risques pesant sur la pérennité de l’appellation, n’ait pas été déjà commanditée par les viticulteurs concernés, en stricte application d’une conduite éclairée de leur activité ». Malgré ces réserves*, le maître d'ouvrage (Réseau Ferré de France) vient de s'engager à conduire une étude d'impact associant les acteurs du vignoble.

Si Sauternes a récemment fait la "une" sur ce dossier, les critiques au projet sont portées plus largement par les AOC Brulhois, Buzet, Fronton, Graves (dont le syndicat propose un tracé alternatif) et Pessac-Léognan. Les craintes de modifications climatiques induites sont partagées par tous. Les manquements du dossier présentés sont notamment soulignés par la Fédération des Grands Vins de Bordeaux (FGVB), qui regrette pêle-mêle que « le cahier des charges AOC n’ait pas été pris en compte », « les mesures de compensation proposées ne soient pas à la hauteur de la qualité des appellations », « l’impact de l’annonce du projet sur la valeur foncière des vignobles n’ait pas été analysé »

Suite à cet avis défavorable, RFF peut décider de proposer de nouvelles mesures d’évitement, de réduction et de compensation pour compléter son projet. Une fois que le Conseil d'Etat se sera prononcé, le gouvernement devra donner avant juin 2016 un avis définitif sur cette déclaration d’utilité publique. Le projet actuel de RFF toucherait directement 72,3 hectares d'AOC viticoles (aux deux-tiers plantés), pour 57 domaines (18 à Buzet, 13 en Brulhois et Fronton, 11 en Graves et Pessac-Léognan).

 

 

* : La commission d'enquête ajoute également que « la qualité du Sauternes ne semble pas avoir été impactée par laproximité de l’A65 qui franchit également le Ciron et dont le tracé est plusproche du Ciron ! »

 

 

[Illustration : projection du tracé actuel de la LGV à proximité de l'AOC Sauternes ; RFF]

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