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Changement climatique

Le Monbadon sort de l'oubli pour être testé à Cognac

Vendredi 27 mars 2015 par Alexandre Abellan

Changement climatique : le Monbadon sort de l'oubli pour être testé à Cognac

Egalement appelé Frontignan des Charentes, le Monbadon est un ancien cépage blanc qui revient de loin. S'il peut de nouveau caresser l'idée d'intégrer la liste des cépages autorisés pour la production d'eaux-de-vie de Cognac, il a frôlé la disparition sur la seconde moitié du XXème siècle. Sauvegardé par le Conservatoire du Vignoble de Charente (CVC), il est aujourd'hui sur le point de renouer avec la production, expérimentale du moins. Pilotés par la Station Viticole de Cognac, ces essais s'inscrivent dans le programme de recherche d'un cépage charentais adapté au changement climatique. Le matériel végétal ayant été produit, des parcelles de comparaison entre Monbadon et Ugni blanc vont être plantées cet été (encépagement à 50/50). Trois parcelles seront plantées dans les domaines de maisons de Cognac (Courvoisier, Hennessy et Rémy Martin), pour une surface totale de 1,6 hectare.

« Cépage à haut rendement et produisant peu de sucre, le Monbadon est le meilleur candidat pour limiter le taux d'alcool potentiel à la récolte » estime Gérald Ferrari, le chef de service recherche expérimentation de la Station Viticole de Cognac. L'expérimentation permettra d'abord de suivre les propriétés agronomiques de ce cépage (notamment sa sensibilité aux maladies cryptogamiques : botrytis, mildiou et oïdium), puis son aptitude à la production de vins de base à eaux-de-vie (acidité, alcool, arômes...). La première salve de résultats n'est pas attendue avant 6 ans (3 ans avant la mise en production, 3 ans ensuite d'analyses). Le Bureau National Interprofessionnel du Cognac (qui a statut d'Organisme de Défense et de Gestion) et l'Institut National de l'Origine et de la Qualité (INAO) auront ensuite à juger de l'entrée, ou non, du Monbadon dans le cahier des charges de l'AOC Cognac*.

Issu croisement entre la Folle blanche et l'Ugni blanc, le Monbadon est inscrit au catalogue des cépages français. Pour répondre aux enjeux du changement climatique (qui pourrait être l'une des causes de l'explosion de l'esca, et du repli de l'eutypiose), d'autres pistes de recherches variétales sont ouvertes en Charente. Depuis le début des années 2000, un programme de sélection de nouveaux clones d'Ugni blanc est en cours. Après des campagnes de prospection (dans le Midi, mais aussi dans le berceau du cépage en Toscane*), la Station Viticole a aujourd'hui 800 candidats à l'accession, et vient de passer à l'étape de collection d'études. Le Cognac investit également dans la recherche de cépages résistants aux maladies cryptogamiques avec les caractéristiques de l'Ugni blanc. Ces travaux sont en cours après l'obtention de croisements entre Ugni blanc et des variétés résistantes de l'INRA.

 

* : De loin le premier cépage de Cognac, l'ugni blanc représente plus de 95 % des surfaces plantées pour l'AOC. Les autres cépages autorisés sont le Colombard, la Folle blanche, le Montils et le Sémillon (et à titre d'appoint le Folignan).

 

 

[Photos de Monbadon : Catalogue des vignes cultivées en France (UMT Géno-Vigne INRA – IFV – Montpellier SupAgro)]

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