Les cépages les plus sensibles aux maladies du bois en 2014

Ugni blanc, nielluciu, trousseau...

Jeudi 26 mars 2015 par Alexandre Abellan

Les cépages les plus sensibles aux maladies du bois en 2014 : ugni blanc, nielluciu, trousseau...

Face à l'esca et au Black dead arm (BDA), tous les cépages sont loin d'être égaux. Se basant sur 700 parcelles viticoles du réseau national d’épidémio-surveillance, la Direction Générale de l'Alimentation (DGAL) vient de mettre à jour sa classification des cépages exprimant le plus les symptômes foliaires de l'esca et du BDA (feuilles marbrées, desséchées...).

Par rapport au précédent classement, le trousseau et le savagnin sont désormais détrônés par l'ugni blanc, le nielluccio et sciaccarello. Principal cépage du Cognac (avec 95 % des surfaces), l'ugni blanc présente désormais la plus forte sensibilité aux maladies du bois (en moyenne 12 % de pieds atteints par esca/BDA en 2014, contre 8 % en 2012). Ce taux d'externalisation bondit à 11,5 % pour les cépages corses nielluccio et sciaccarellu (contre respectivement 5 et 2 % en 2012). Dans le Jura, trousseau et savagnin sont descendus à 11 et 8 % en 2014, après un plafond à 30 et 26 % deux ans auparavant. En Alsace, le Gewurztraminer est monté à 10,5 % (contre 8 % en 2012), tandis que dans le Gers, le colombard tombe à 8 % (contre 11 % en 2012). Restent très faiblement sensibles (moins de 2 % de symptômes) carignan, cinsault, pinot noir, pinot meunier...

 

Prévalence moyenne de l'esca et BDA par cépage (observatoire national des maladies du bois)

 

Globalement, sur les vingt cépages observés en 2014, douze affichent des taux d'externalisation supérieurs à 5 % (sur 34 cépages étudiés en 2012, 13 affichaient de tels taux). Si cette étude n'est pas exhaustive (étudiant peu le bassin méditerranéen), elle témoigne d'une pression des maladies du bois croissante dans le vignoble. Ces tendances biologiques doivent, cependant, être pondérées par les conditions climatiques, les situations de stress hydrique étant propices à l'expression accrue des symptômes (et inversement).

L'Institut Français de la Vigne et du Vin souligne ainsi que « les résultats montrent qu'au-delà des fortes variations d’expression inter-annuelles, les moyennes masquent de grandes disparités entre parcelles et entre cépages y compris pour un même bassin viticole » et d'ajouter que « le chardonnay est davantage touché en Bourgogne (plus de 3 %) qu’en Champagne (moins de 1 %) ».

Cette sensibilité biologique accrue pourrait être due aux situations pédoclimatiques, aux impacts physiologiques des modes de conduite du vignoble (taille, rentrée en production...). La piste de la taille des vaisseaux ligneux est également à l'étude, comme le rapporte le dernier numéro de La Vigne (n°272 de février 2015), qui consacre un dossier complet aux questions entourant l'esca. Ces dernières restent nombreuses, la recherche apportant aujourd'hui peu de réponse et aucune alternative aux traitements à l'arsénite de sodium (interdits depuis novembre 2001).

 

 

* : Esca et BDA sont les principales maladies du bois concernées, l'eutypiose étant diagnostiquée « en repli ».

 

 

[Photo : IFV ; Graphique : DGAL/IFV]

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