Témoignage

S’installer en mettant en commun tous les moyens techniques

Mercredi 18 mars 2015 par Juliette Cassagnes

Témoignage : s’installer en mettant en commun tous les moyens techniques

Vincent Siret est viticulteur dans le Cher, en appellation Quincy et Châteaumeillant, depuis dix ans maintenant. La grande originalité de son installation repose sur le fait qu’il ne possède rien, en dehors de ses 13 hectares de vignes et de ses parts sociales : tout le matériel viticole et de récolte dont il a besoin est la propriété d’une Cuma, la main d’œuvre est fournie par un groupement d’employeur et le chai, détenu par une cave coopérative. Vincent est pourtant vigneron indépendant : il produit et vend son propre vin. Cela tient au fait que cette dernière n’a de « coopérative » que le nom et le statut : « La cave fonctionne en fait comme un prestataire de services, avec en son sein un œnologue, deux cavistes et une secrétaire, explique Vincent Siret. Mes vins, comme ceux des 14 autres vignerons associés, sont vinifiés séparément, poursuit celui-ci. Nous participons et sommes présents, pour échanger, lors des vinifications, de l’élevage, ou des assemblages ». Les grandes décisions sont, quant à elles, prises de concertation, lors des conseils d’administration, dans lesquels six vignerons siègent.

 

La coopérative, tout comme la Cuma viticole, lui permettent de plus d’accéder à des matériels performants, auxquels lui et d’autres « petits domaines » n’auraient sinon pas pu avoir accès : cuves inox thermo-régulées, pressoirs pneumatiques, conquet avec tapis élévateurs, machine à vendanger, etc. Dans la Cuma sont associés au total cinq vignerons, pour une surface d’environ 50 hectares de vigne. Ces cinq associés sont aussi ceux que l’on retrouve dans le groupement d’employeur, qui embauche cinq permanents et des saisonniers. Tous les travaux viticoles de l'année sont gérés et assurés dans le cadre de ces deux structures. A titre d'exemple, les traitements phytosanitaires sont réfléchis et décidés à l'avance après discussions et échanges, puis adaptés en fonction des conditions météorologiques, en lien avec le technicien du groupement d'employeur. Autre exemple, quand viennent les vendanges : de nombreuses réunions ont lieu pour organiser le chantier de récolte, dans la mesure où le matériel comme la main d'oeuvre sont communs.

« Ce système a permis à des petits domaines qui n’avaient pas les moyens au départ, d’embaucher… A tous les niveaux, nous nous sommes regroupés plutôt que chacun reste dans son coin », résume le jeune viticulteur.

Cette organisation et la délégation complète de la gestion technique du domaine, il les a voulues et réfléchies dès le départ : « Cela m’a permis de me concentrer pleinement sur la commercialisation de mon vin, reprenant une exploitation sans « fichier clients » ». Parti de rien, il commercialise aujourd’hui 80.000 bouteilles auprès des circuits traditionnels, grande distribution et particuliers.

Crédit photo: V Siret

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