Cognac

Les cours restent rémunérateurs, mais insuffisants pour renouveler le vignoble

Jeudi 12 mars 2015 par Alexandre Abellan

Cognac : les cours restent rémunérateurs, mais insuffisants pour renouveler le vignoble

« Non, le torchon ne brûle pas entre la viticulture et le négoce » se défend Stéphane Roy à l'occasion de la dernière réunion l'Union Générale des Viticulteurs pour l'AOC Cognac qu'il préside. Une intervention qui nuance, et adoucit, sa précédente interpellation des négociants sur la baisse soudaine du cours d'eaux-de-vie de plus de 3 ans, suite au repli de la demande chinoise de VSOP et au-delà (cliquer ici pour lire ce communiqué). Les signaux envoyés par le négoce ont depuis apaisé ces inquiétudes, des maisons annonçant un maintien, voire une hausse, des prix d'achat en comptes 00 à 2*. L'UGVC souligne désormais que ces jeunes eaux-de-vie représentent 90 % des volumes vendus par le vignoble, et considère comme rémunérateur le cours des comptes 3 et supérieurs au regard de la croissance passée.

« Toute modification de politique d'achat de négociants, due à des éléments conjoncturels, qui pourrait porter atteinte à la confiance du vignoble est de nature à créer des déséquilibres futurs dans l'approvisionnement » maintient pourtant Stéphane Roy, qui déplace sensiblement le débat en estimant qu'« aujourd'hui, le problème de Cognac n'est pas d'avoir des débouchés, mais de les honorer ». L'UGVC s'inquiète de nouveau de la pérennité du vignoble charentais, son renouvellement étant déjà la principale préoccupation de Christophe Forget (le précédent président de l'UGVC). « Profitons que le Business Plan nous indique de ne pas agrandir le vignoble pour le moment, pour concentrer nos efforts sur le renouvellement de l'existant. Le vignoble décroche, 75 000 hectares suffisent, mais il faut encore qu'ils soient productifs » prêche Stéphane Roy. Même écho au Bureau National Interprofessionnel de Cognac, son président, Jean-Bernard de Larquier, estime que « votre premier intérêt en tant que viticulteurs, c'est la croissance du revenu sur les parcelles existantes ».

 

 

* : A Cognac, les comptes d'âge mesurent le vieillissement d'une eau-de-vie. Si les vendanges ont lieu l'année n, le compte 00 commence à partir du premier avril de l'année n+1, le compte 1 en avril n+2, et ainsi de suite.

 

 

[Photo : Stéphane Roy ce 10 mars à l'Espace 3000 de Cognac]

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