Couston et Caladoc, nouveaux futurs cépages du Côtes du Rhône?

Lundi 19 janvier 2015 par Juliette Cassagnes

Couston et Caladoc, nouveaux futurs cépages du Côtes du Rhône?

Le Syndicat général des vignerons des Côtes du Rhône réfléchit actuellement à introduire de nouveaux cépages dans le cahier des charges de l'appellation. C’est le cas du Caladoc et du Couston, qui pourraient l’être d’ici quelques années, à titre de cépages « accessoires ». « Nous ne connaissons pas la date d’échéance précise, la décision étant entre les mains de l’INAO… », précise Viviane Bécart, du service technique.

 

Par ce biais, le syndicat souhaite introduire de « la diversité dans l’encépagement rhodanien », mais aussi pallier aux carences du Grenache, cépage majoritaire de l'appellation. Ce dernier présente une forte sensibilité à la coulure, qui implique « une irrégularité agronomique », mais aussi un défaut récurrent de couleur et de structure en cas de « bonne récolte ».

 

Avec le Marselan, cépage déjà autorisé à hauteur de 10% dans le cahier des charges, ces deux variétés ont donc fait l’objet d’une expérimentation par le service technique du syndicat, entre 2007 à 2014. Adaptation à différents terroirs, comportement agronomique, analyses, profil organoleptique des vins obtenus, etc : l’ensemble des paramètres ont été passés au crible, et les résultats sont pour le moment satisfaisants, pour un grand nombre d’entre eux. « Les nouvelles variétés tiennent leurs promesses de couleur et de structure », indique Viviane Bécart, du service technique. Celles-ci présentent, en effet, des niveaux équivalents ou supérieurs à l’intensité colorante de la Syrah. Elles donnent également de très bons résultats en terme de structure, mesurée par les “indices de polyphénols totaux”. Les trois cépages, dégustés individuellement, laissent globalement de très bonnes impressions aux dégustateurs. Ajoutés dans un assemblage de Côtes du Rhône standard, les trois cépages « renforcent le fruité et la structure », résume la technicienne.

 

Concernant le rendement, elles montrent de bonnes régularités, « tandis que le grenache présente des fluctuations de charge bien visibles ». Leurs grappes aérées leur évitent une trop forte sensibilité à la pourriture grise. Le Caladoc est un cépage à précocité moyenne et qui présente une « bonne tolérance » à la sécheresse. « Il semble adapté aux terroirs pauvres en eau », précise Viviane Bécart. Le Couston est, quant à lui, « très précoce ». Il peut craindre le manque d’eau en fin d’été, et doit donc être implanté plutôt sur des terroirs tardifs et alimentés en eau jusqu’en août. Seule ombre au tableau de ces cépages : leur degré alcoolique assez élevé, « souvent supérieurs à 15% vol »...

 

Ces expérimentations conduites sur des mini-parcelles, suivies de vinifications expérimentales vont se poursuivre encore trois ans, durée imposée par l’INAO. « Mais le projet va prendre une nouvelle dimension avec la mise en place d’un essai « grandeur nature », ajoute la technicienne. "Ceci, afin d’appuyer le dossier, grâce à une diversité d’exemples de vins produits par des vignerons ».

Crédit photo: Plantgrape (cépage Caladoc)

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