Savoie

Le cours des vins en vrac bien orienté, mais "peut encore mieux faire"

Lundi 22 décembre 2014 par Juliette Cassagnes

Savoie : le cours des vins en vrac bien orienté, mais

En Savoie, la récolte en vin 2014 n’a pas été autant abondante qu’ailleurs: elle est évaluée à 118.000 hl, soit en baisse de 10% par rapport à la moyenne, estimée entre 120.000 et 125.000 hl. Ce volume ne pourra donc pas compenser ceux, déjà bien faibles, de 2012 (117.000 hl) et de 2013, la plus faible jamais enregistrée, de108.000 hl. Les niveaux de stocks à la propriété s’en font donc sentir : s’établissant à 65.000 hl au 31 juillet, ils sont eux-aussi en baisse de 10% par rapport à juillet 2013, soit « à un niveau dans les plus faibles des dernières années ».

Mais cette offre en diminution n’a paradoxalement pas permis de redresser suffisamment l’ensemble des cours des vins de Savoie : « La valorisation des vins ne fait que compenser le retard accumulé ces dernières années. Elle a progressé mais reste insuffisante pour assurer une bonne rentabilité des exploitations, a indiqué Michel Quénard, président de l’ODG, lors de l’assemblée générale de jeudi 18 décembre. Pour certains vins, blancs en particulier produits à partir de la Jacquère, les cours minimum sont encore en-dessous des coûts de production, « remettant en question la pérennité des exploitations ». D’autant plus que l’année 2014 a été marquée par une météo particulièrement « compliquée » pour les viticulteurs savoyards, faisant « exploser » leurs coûts de revient.

Globalement, ce sont donc les exploitations commercialisant leurs récoltes en vrac auprès du négoce qui « souffrent », par comparaison à celles vendant en bouteille, pour qui « il n’y a pas de souci particulier ».  Le syndicat continue donc de se battre pour poursuivre une revalorisation des cours,  « pour que les exploitations restent viables ». Cela passera, selon Michel Quénard, par une « moralisation » des relations commerciales. Pour mieux maîtriser l’équilibre du marché, « qui reste très fragile », l’interprofession a par ailleurs décidé d’investir dans un « observatoire économique ». Celui-ci permet de connaître, mois par mois, les sorties de propriétés et du négoce, ainsi que les cours des vins.  « Les négociants savoyards n’ont pas accepté la mise en place de contrats mais se sont engagés à fournir mensuellement à l’interprofession prix et volume par appellation de leurs transactions. Les relations commerciales viticulteur / négoce / coopérative se sont améliorées et le règlement à la qualité commence à se mettre en place », indique le président de l’ODG. Celle-ci a également la possibilité, en cas d’offre supérieure à la demande, d’abaisser les rendements autorisés.

 

 

[Crédit photo: J Cassagnes (à gauche, Michel Bouche, directeur et à droite, Michel Quénard, président du syndicat)}

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