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VCI vins rouges

L'expérimentation bordelaise touche à sa fin. Et ensuite ?

Lundi 24 novembre 2014 par Alexandre Abellan

VCI vins rouges : l'expérimentation bordelaise touche à sa fin. Et ensuite ?

Le dispositif de Volume Complémentaire Individuel (VCI) arrive au terme de ses cinq ans d'expérimentation pour 17 AOC rouges du bordelais (soit 2/3 du vignoble girondin)*. Il est également ouvert aux vins blancs d'appellations depuis le millésime 2013 (après 15 années de mise à l'essai en Chablis) et en cours d'expérimentation pour des rosés d'Anjou et de Provence (2014 est le premier millésime d'essai). 

Mis en place par décret en 2010, l'essai VCI rouge ne sera jugé qu'au printemps 2015. Le bilan de la récolte 2014 ne pouvant être fait que lorsque les déclarations de récolte et revendications d'AOC auront été arrêtées, ce qui n'aura pas lieu avant avril prochain. La commission chargée de ce dossier au sein de l'Institut National de l'Origine et de la Qualité (INAO) se réunira alors. Elle transmettra des orientations au Comité National Vins AOP qui se prononcera début juin. En théorie, « trois types de recommandations peuvent être données » explique Hervé Briand (conseiller du directeur de l'INAO). Soit les vins rouges sont jugés inadaptés au système VCI et l'expérimentation s'arrête. Soit la durée d'essai n'est pas jugée suffisante et l'expérimentation est prolongée (« dans ce cas de figure l'élargissement à d'autres candidats n'est pas impossible »). Troisième hypothèse : l'essai est jugé probant, le VCI rouge est alors pérennisé dès le millésime 2015, et élargi pour les toutes les AOC en faisant la demande.

Le délai sera court ne cache pas Hervé Briand, « mais même si le texte réglementaire n'est pas publié, on sait faire des instructions de candidature en urgence ». Nul doute que les demandes seront pressantes pour profiter du VCI rouge dès 2015 (s'il est entériné), le dispositif expérimental ayant déjà nourri l'impatience, de la vallée du Rhône à Bergerac. Un piaffement tout à fait compréhensible pour Bernard Farges (président du Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux), qui estimait ce début d'année que le système « n'a que des avantages. En 2013, plus de 50 millions d'euros seront dégagés grâce au VCI bordelais. Un chiffre d'affaires qui ne serait pas rentré sans ce dispositif. » Les retours sont positifs aussi bien pour la production que pour le négoce, comme le rapporte le courtier Xavier Coumau (président des courtiers de Gironde) : « c'est une chance d'avoir le VCI. Je me souviens du millésime 2005, un très bonne récolte qualitative. Mais il y avait des dépassements de rendements. Et être obliger de distiller de si bon produits reste un regret... »

D'après les premiers bilans d'étape, le VCI rouge à Bordeaux a été utilisé par 580 récoltants (essentiellement en Bordeaux, Bordeaux Supérieur et Côtes de Bordeaux), soit 12 % des 4 500 déclarants pouvant prétendre au système. Sur les 150 000 hectolitres mis en réserve de 2010 à 2013, 80 % ont été utilisés pour compléter la très petite récolte 2013. « On a bien eu une utilisation en complément de la récolte de l'année. Le VCI aide à lisser les variations quantitatives et qualitatives » résume Hervé Briand. Mais au-delà des résultats volumiques et économiques, le bilan de l'expérimentation devra aussi passer par la gestion administrative du système. « Une contrainte supplémentaire en comptabilité des matières et traçabilité au chai pour le producteur, une complexité supplémentaire pour les Organismes de Défense et de Gestion » souligne le conseiller du directeur de l'INAO. Cette pesanteur est loin d'effrayer Jacques Gravegeal, le président du Comité National des Vins à Indication Géographique Protégée, qui a ouvert ce 13 novembre le chantier d'un système de type VCI pour les IGP. Pour le président des IGP d'Oc, « quand on voit que ça marche bien en AOP, pourquoi se l'interdire dans la filière IGP ? Nous allons mettre tout notre poids pour qu'en 2015 nous ayons a minima une expérimentation. »

 

 

* : tous les vins rouges AOC de Gironde étaient concernés par le VCI, à l'exception de Canon-Fronsac, Fronsac, Margaux, Moulis, Pessac-Léognan, Pauillac, Pomerol, Saint-Emilion Grand Cru, Saint-Estèphe et Saint-Julien.

 

 

[Illustration : Chais d'élevage de la cave coopérative de Rauzan (Alexandre Abellan/Vitisphere)]

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