Vins en vrac

Vers une contractualisation nouvelle génération en Languedoc-Roussillon

Mardi 18 novembre 2014 par Alexandre Abellan

Vins en vrac : vers une contractualisation nouvelle génération en Languedoc-Roussillon

Commencée en Languedoc-Roussillon sous les auspices d'une petite récolte (12,23 millions d'hectolitres, soit -10 % par rapport à 2013) et « d'un niveau de stock historiquement bas » (selon la DRAAF), la campagne 2014-2015 voit la hausse annoncée du cours des vins se réaliser (+10 à +20 %). Pour les caves particulières comme les coopératives, ce contexte de pénurie représente une opportunité conjoncturelle à saisir. Tandis que les négociants y voient une fatalité structurelle (comme le confiait Bruno Kessler, le président de la fédération régionale en octobre dernier). Pour Jacques Gravegeal, le président de la Fédération régionale des Interprofessions des Vins du Languedoc-Roussillon (Inter Sud de France), ce millésime est bien une opportunité, mais de structuration. Selon lui, « la production a la main, il faut la tendre au négoce. En 2014 on sait que les prix vont monter, mais je n'en sais rien pour 2015... » Pour mettre un terme à la logique de contrats spots éphémères, il appelle de ses vœux un cadre contractuel durable et accessible à l'ensemble du vignoble languedocien. Et pour y arriver il ne reste plus qu'à mettre à profit les tensions du marché pour « rapprocher une bonne fois pour toute les deux parties que sont la production et le négoce ».

Un an après l'adoption du plan stratégique de la filière régionale, le bassin viticole tenait justement conseil ce 7 novembre. L'occasion pour le préfet du Languedoc-Roussillon, Pierre de Bousquet, d'apporter son soutien au projet de développement d'un outil contractuel qui « constituerait le meilleur moyen de limiter les effets délétères de la volatilité des prix qui conduit toujours à la fragilisation de l'ensemble des maillons de la filière ». Au terme du conseil de bassin, les représentants de la filière se sont accordés sur la pertinence de confier à InterSud le travail de définition de nouvelles « modalités contractuelles d'engagement réciproque pour se prémunir de tout risque de retournement de marché ». La base de ce travail sera évidemment le contrat cadre des vins à Indication Géographique Protégé de Pays d'Oc, fixé par Inter Oc en 2012 et « agréé par les droits communautaires et français, donc opposable aux tiers d'un point de vue juridique » souligne avec insistance Jacques Gravegeal, également président fondateur d'InterOc.

Proposant actuellement de fixer un volume et un prix (avec des clauses permettant des fluctuations selon le millésime), le contrat triennal d'InterOc pourrait être enrichi, en annexes, de critères plus qualitatifs. Le but étant de renforcer les liens entre les signataires et de les amener à un projet à la fois commun et durable : « derrière la contractualisation il s'agit de produire des vins correspondant à un marché » rappelle Jacques Gravegeal. « Le pilotage de l'exploitation s'y intègre, de la date des vendanges selon le profil attendu, aux modes de taille selon les rendements convenus. Avec cette démarche, je n'irai pas jusqu'à dire que les volumes et les prix deviennent secondaires, mais ils deviennent évidents. »

 

 

[Photo de Jacques Gravegeal : Pays de Lunel]

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