Portrait de Roland Masse, à la veille de sa dernière vente des Hospices de Beaune

Samedi 15 novembre 2014 par Juliette Cassagnes

Portrait de Roland Masse, à la veille de sa dernière vente des Hospices de Beaune

« Je suis fatigué mais optimiste sur la qualité des vins, déclare Roland Masse, régisseur du domaine, en cette veille de la 154eme édition de la vente des Hospices de Beaune. Les professionnels qui dégustent actuellement les cuvées sont contents du millésime, je suis donc pleinement satisfait ».

C’est en effet ce dimanche 16 novembre 2014 qu’aura lieu la grande vente aux enchères organisée par Christie’s : 534 fûts de vins primeurs des Hospices de Beaune seront mis en vente. Mais ce sera aussi la dernière du régisseur : à bientôt 61 ans, ce bourguignon « pur jus » passera bientôt la main. Il sera remplacé, à partir de janvier 2015, par une femme, Ludivine Griveau. « Je la connais peu », indique Roland Masse.

Pendant 15 ans, celui-ci aura réussi à produire des vins parmi les plus prestigieux du monde, sans faux pas. Sur les 60 hectares que compte le domaine, plus de 85% des surfaces sont en effet classées en « premier » ou « grand crus » : Auxey-Duresses, Beaune, Meursault, Monthelie, Pommard, Pernand-Vergelesses, Puligny-Montrachet, Savigny-les-Beaune ou encore Volnay. Le succès grandissant des ventes aux enchères de ces vins qu’il a produits en témoignent. « De plus en plus d’acheteurs, internationaux notamment, s’intéressent à nos vins, à la vente, reconnaît Roland Masse. Des vins qui sont liés à une histoire, un patrimoine, celui des Hospices, et qui peut expliquer son succès ; elle est aussi devenue très médiatisée, poursuit-il. La pénurie de l’offre actuelle pourrait également expliquer ce succès, selon lui : « on peut acquérir 300 bouteilles d’un coup d’un grand cru ; cela attire des acheteurs qui n’arrivent pas à trouver ce vin sur le circuit classique ». 


Et lorsqu’on l’interroge sur ses souvenirs les plus marquants de millésimes, c’est son « bon sens paysan » qui prend le dessus : « Chaque millésime est particulier, a un marqueur positif ou négatif, lié à un gel, de la grêle, de la coulure, la floraison…Chaque année il se passe quelque chose de différent ; c’est ce qui rend notre métier intéressant, il faut se remettre en question en permanence ».

 

Ce fils de vigneron de la côte chalonnaise aura donc finalement effectué toute sa carrière en Bourgogne : lycée viticole de Beaune, faculté d’œnologie à Dijon. Le DNO en poche, celui-ci va ensuite travailler dans différentes maisons et caves dans le mâconnais, dans l’Yonne, à Santenay puis pour finir, à Vougeot, au Domaine Bertagna pendant 18 ans…Avant d’atterrir aux Hospices de Beaune comme régisseur, pour ne plus les quitter jusqu’à ce jour. Ce qu’il compte faire ensuite ? « Monter une petite structure de vinification avec mon neveu, installé sur l’exploitation viticole familiale en Côte chalonnaise, indique celui-ci ; nous allons produire environ 20.000 bouteilles, pour compléter sa gamme ».

En bref, l’heure n’est pas encore pas venue pour lui de couper le lien si fort qui l’unit avec la vigne et le vin depuis son plus jeune âge...

Crédit photo: Hospices de Beaune

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