Pourriture acide des raisins

Drosophila suzukii, ennemi n°1 de la recherche suisse

Vendredi 14 novembre 2014 par Alexandre Abellan

Pourriture acide des raisins : Drosophila suzukii, ennemi n°1 de la recherche suisse

« La lutte contre la mouche du cerisier nécessite davantage d'argent » a tranché le Conseil Fédéral, organe exécutif du Parlement Suisse. Il faut dire qu'en 2014, le vignoble suisse a subi une véritable « invasion », celle de « la drosophile du cerisier » estimait Olivier Viret (Agroscope de Changins), lors de la dernière assemblée des délégués de la Fédération Vaudoise des Vignerons ce début novembre. « C'est l'événement viticole de l'année » reconnaissait fin septembre son collègue, Christian Linder. Le chercheur relativisait cependant le lien de cause à effet rapidement tiré entre l'arrivée de la fameuse Drosophila suzukii et le développement notable de pourriture acétique sur les raisins européens (en Suisse donc, mais aussi en Allemagne, en France et en Italie). Certaines de ses observations le poussent en effet à « douter du rôle de Drosophila suzukii dans le développement de la pourriture acétique. Certains ont oublié que la pourriture acide existait depuis que l'on plante de la vigne. » Un appel à la raison qui renforce la nécessité de déterminer par la recherche, si la mouche asiatique est bien un bioagresseur émergent pour le vignoble et les cultures fruitières dans leur ensemble.

C'est « en vue de disposer d'ici à 2020 de stratégies durables de lutte contre cette mouche des fruits » que le Conseil Fédéral a choisi « de renforcer les moyens alloués à la recherche sur la drosophila suzukii ». Soit une réponse favorable à la motion du conseiller national Bruno Pezzatti, qui demandait « de mobiliser des ressources supplémentaires afin que les agriculteurs disposent de mesures appropriées dans un délai raisonnable, ce qui passe par une augmentation des moyens financiers de l'Office Fédéral de l'Agriculture de 2,5 millions de francs sur cinq ans ». De telles mesures ne sont pas à l'ordre du jour en France, où l'impact de la pourriture acide risque d'être délicat à estimer. A noter que la Suisse a également une longueur d'avance en termes de lutte contre Drosophila suzukii, n'ayant pas hésité à autoriser, de manière exceptionnelle, les traitements au pyrèthre, au spinosad, à la kaolinite et à l'acetamiprid contre la pourriture acide en 2014. Des chercheurs américains viennent également de publier une étude dans la Revue Pest Management Science démontrant que les odeurs de vinaigre et de vin permettaient d'attirer Drosophila suzukii. Cet arôme pourrait être reproduit à partir d'un mélange d'acétoïne, d'acide acétique, d'éthanol et de méthionol. Il serait alors facile de pièger la mouche en diffusant ces odeurs qui l'appâtent.

 

 

[Photo : Adultes mâle et femelle de D. suzukii, Ephytia (INRA)]

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