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Marie-Catherine Dufour

« La complantation, une pratique compliquée et qui demande du travail pour réussir »

Mardi 23 octobre 2007 par Juliette Cassagnes

La « complantation », ou « racottage », consiste à remplacer un pied mort par un nouveau plant, sans arrachage total de la parcelle. Beaucoup de viticulteurs ratent cette opération tous les ans. « Elle est compliquée et demande des précautions » pour réussir, explique Marie-Catherine Dufour, de la Chambre d'Agriculture de Gironde.


Complanter permet notamment de se mettre en règle vis-à-vis de la densité de plantation minimale mentionnée dans les décrets d'appellation. (© JC)
La complantation est une opération relativement courante. « Elle est de plus en plus importante car l'Inao (Institut National des Origines et de la Qualité) procède de manière plus fréquente à des contrôles sur les exploitations », raconte Marie-Catherine Dufour, du Service Vigne et Vin de la Chambre d'Agriculture de la Gironde. Le nombre de pieds à l'hectare doit en effet répondre au décret d'appellation dans lequel la vigne est produite. Le viticulteur qui veut se mettre en règle est donc tenu de remplacer les pieds morts dans les vignes. « La complantation est aussi régulière dans les vignes où l'on a de vieux pieds de vigne, et où l'on veut s'assurer d'avoir des rendements réguliers »

Mais cette opération, très couramment pratiquée, ne réussit pas à tous les coups car n'est pas toujours bien faite. Selon Marie-Catherine Dufour, « les taux de réussites sont très variables. Certains viticulteurs complantent et ratent tous les ans, et cela finit par engendrer des coûts importantsCette opération demande du travail, et les gens n'en ont pas forcément conscience ». L'explication : cette intervention est rendue délicate par les pieds de vigne déjà en place, qui entrent en concurrence avec le nouveau plant, et qui finissent par le faire mourir.

« Un des éléments essentiels, c'est l'arrosage », nous dit la conseillère. « Une fois le plant mis en terre, certains ne font aucun arrosage, comme vous le feriez en temps normal pour une nouvelle plantation classique de vigne, raconte Marie-Catherine Dufour. Ajouté à cela la concurrence des autres pieds, le jeune plant aura bien du mal à pousser ».

Sud-Ouest, Bordelais : pour en savoir plus...


(© Chambre Agriculture Gironde)
Suite à ce constat, la Chambre d'Agriculture de la Gironde et le Syndicat des Pépiniéristes Viticulteurs de la Gironde et du Sud Ouest ont édité une plaquette intitulée " Réussir ses complantations".

Elle reprend les précautions nécessaires pour la préparation du sol, les traitements... différentes selon le type de plant.

«Véritable mode d'emploi utile et pratique, cette nouvelle plaquette est destinée aux viticulteurs afin de leur permettre d'avoir une vigne homogène» mettent en avant les co-auteurs.

Attention aux escargots

Un autre facteur clé mis en avant est la préparation du trou dans lequel le plant est installé. La pratique courante consiste à faire un trou avec une tarière. Mais le complant est mis dans une terre insuffisamment meuble, et dans laquelle « l'enracinement se fait difficilement. La concurrence des autres pieds s'ajoutant encore une fois à ce facteur, vous avez toutes les chances que le nouveau plant ne parte pas ». La méthode préconisée par la conseillère consiste donc à creuser à l'avance un trou plus profond, que l'on remplit de terre. Puis re-creuser un trou avec la tarière dans lequel le plant est inséré. L'enracinement sera ainsi facilité. La période d'implantation est relativement large, de l'automne jusqu'au printemps, et fonction également du type de plant choisi (en pot, en container, ou en « traditionnel »).

Enfin, en cas de vigne désherbées chimiquement, il s'agit de bien regarder à l'intérieur des poches de protection. Souvent, de l'herbe pousse à l'intérieur et etouffe le plant. En cas de fortes chaleurs également, une attention toute particulière doit être portée aux complants, car les poches provoquent « un effet de serre important, avec des températures excessives » qui peuvent créer des dégâts. Il s'agit alors de prendre le temps d'enlever les pochons, « chose que les viticulteurs ne prennent souvent pas le temps de faire » constate la conseillère. Les escargots sont aussi une menace importante; glissés à l'intérieur des pochons, ils mangent les bourgeons. Il faut donc être très vigilant à leur éventuelle présence. En résumé, « les pochons sont indispensables mais dangereux ! ».

Pour la spécialiste, le complantage nécessite une surveillance accrue de la part du viticulteur: « le complantage demande du travail; il est nécessaire de bien regarder, pied par pied, voir si le plant a poussé et comment ».


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