Vins aromatisés

Les rosés pamplemousses, tout sauf une « mode d'été pour les jeunes »

Lundi 05 août 2013 par Alexandre Abellan

Vins aromatisés : les rosés pamplemousses, tout sauf une « mode d'été pour les jeunes »

En France l'an dernier, les ventes de vins aromatisés (les Boissons Aromatisées à Base de Vins selon la terminologie légale) se sont élevées à 19 millions de cols en grande distribution. Cette année elle pourraient dépasser les 30 millions de bouteilles. Pour la seule marque VeRy* (Réseau la Confrérie Castel Frères) les ventes sont passées de « 2 millions de bouteilles en 2011, avec en lancement en mars de notre rosé pamplemousse et de notre blanc pèche à 5 millions de cols en 2012 (avec deux nouvelles références) et en ce début 2013 nous avons déjà vendu autant (avec 3 parfums supplémentaires) ! » rapporte Nelly Sancho, chef du groupe marketing de la marque VeRy.

Connaissant un développement exponentiel, le segment des vins aromatisés est encore jeune en France. Leader de la catégorie, Fruit & Wine (Moncigale) est en effet arrivé dans les linéaires en juillet 2010. S'il est loin d'être stabilisé, ce segment est nettement dominé par les rosés pamplemousse (76% des ventes en 2012), le blanc pêche arrivant ensuite avec seulement 6 % des parts de marché (données panel IRI CAM). Mais « s'il y a nettement un parfum leader, les consommateurs demandent des parfums multiples » commente Nelly Sancho. La gamme VeRy a ainsi accueilli cette année trois nouvelles saveurs : rosé framboise, un vin blanc pomme verte et un vin rouge grenade. D'après les premiers résultats de panel, la framboise pourrait même détrôner la pèche.

Si les ventes de rosé pamp' attisent les envies des opérateurs de la filière, ce segment soulève beaucoup d'a priori. Beaucoup n'y voit qu'une mode, le produit de l'été pour des consommateurs jeunes. « Il n'en est rien » pour Nelly Sancho, qui revient sur les enseignements de Castel en la matière. Ces produits ne sont « pas du tout réservés au jeune, ils attirent plutôt une population adulte (35 à 49 ans), certes plus jeune que les consommateurs traditionnels de vins. En fait il s'agit d'une classe d'âge déjà implantée au rayon vin. » Les vins aromatisés peuvent être vus comme un produit fédérateur. Autant d'hommes que de femmes en consomment (avec le ratio 48/52 % selon les panels consommateurs).

Ce produit ne peut pas être limité à une saison. S'il y a un pic de consommation en été, les ventes restent importantes le reste de l'année. « En fait, il s'agit plus d'un lien avec un instant de consommation qu'avec une période» estime Nelly Sancho. « C'est devenu le produit de l'apéritif, pour toute l'année ». Ayant trouvé leur moment de consommation, les vins aromatisés ne seraient pas non plus « un feu de paille. Au vu des volumes que ça draine, ça ne pourrait pas s'arrêter du jour au lendemain. Les vins aromatisés s'installent en rayon et ne sont plus seulement un produit de gondole pour allées centrales. »

 

 

* : à l'origine de la graphie VeRy Pamp se trouvent les recherches d'un nom de marque au sein de Castel. « Les premières propositions étaient trop génériques (et difficilement protégées par l'INPI). Comme c'était l'époque ou des bars annonçaient sur leurs ardoises d'apéritifs : « Vin : Rosé Pamplemousse », on a gardé les initiales VRP pour en faire VeRy Pamp » se rappelle Nelly Sancho.

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