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OCM Vin

La France privilégie les investissements dans le matériel à la vigne et au chai

Mercredi 10 avril 2013 par Alexandre Abellan

OCM Vin : la France privilégie les investissements dans le matériel à la vigne et au chai

Adoptée en 2008 et mise en place en 2009, la réforme de l'Organisation Commune du Marché Vitivinicole (OCM Vin) présente un bilan « positif » pour la Commission Européenne, qui a reconduit le dispositif « à succès » jusqu'en 2018 au moins. Réseau regroupant une cinquantaine de fournisseurs de la filière vin en Languedoc-Roussillon, Vinséo organisait ce 9 avril une conférence qui abordait non seulement le bilan de l'OCM vin, mais aussi l'utilisation de son enveloppe et son devenir.

Pour Richard Jarry (gérant du cabinet Albatros spécialisé dans les montages de demandes de subvention), « la France a très rapidement mis en place le volet investissement, ce qui n'est pas le cas des autres Etats Membres ». D'après une étude européenne COGEA, l'investissement (dans l'équipement et le bâtiment) est le troisième pilier de l'OCM vin utilisé, derrière la reconversion/restructuration du vignoble et la promotion vers les pays tiers. En France, 3 463 demandes d'aides à l'investissement ont été acceptées, principalement pour des caves particulières (85 % des dossiers retenus, pour 57 % des subventions totales).

Lors d'un récent conseil spécialisé de FranceAgriMer, les représentants de la filière ont écarté la régionalisation de l'OCM Vin. L'enveloppe reste distribuée équitablement au niveau national. Sur la période 2009-2012, 36 % de l'enveloppe française de l'OCM Vin a été consommée par la région Languedoc-Roussillon. 7 % du vignoble ayant été restructuré en trois ans, le programmes de restructuration représente 41 % de cette enveloppe régionale (la promotion dans les pays tiers compte pour 22 % de la dotation régionale). Représentant 16 % de l'enveloppe de l'OCM vin 2009-2012, l'Aquitaine a priviligié les subventions pour la promotion vers les pays tiers. Pierre Labruyère (DRAAF LR) note « qu'à l'hectolitre, l'aide à la promotion vers les pays tiers s'élève à 6 euros pour un hectolitre de vin de Bordeaux, alors qu'il est de un euro pour un vin languedocien ».

Patrick Aigrain (Direction des Marchés et Prospectives de FranceAgriMer) juge qu'il est « dramatique que la filière investisse tant dans le matériel et si peu dans l'immatériel, clé de la réflexion permettant de regagner des parts de marchés ». Directeur de l'Institut des Hautes Etudes de la Vigne et du Vin, Hervé Hannin note malicieusement que l'on parle « toujours beaucoup de directeurs commerciaux, mais bien peu de directeurs marketing ». Autre piste d'action pour l'avenir de l'OCM vin, le professeur Etienne Montaigne (Montpellier SupAgr) ajoute que « dans le cadre de subventions collectives, il faut chercher à améliorer la performance. Ce qui passe par une productivité adaptée aux marchés visés. Ce n'est pas en produisant un vin d'appellation que l'on rivalisera avec le positionnement australien ! »

Sur la période 2013-2016, l'enveloppe française de l'OCM Vin s'élèvera à 1,467 milliards d'euros. La dotation française reste inférieure à celles espagnoles et italiennes (aux environs de 1,84 milliards d'euros), mais augmente de plus de 25 % par rapport à la période 2009-2012.

 

 

[Photo : Richard Jarry en haut à gauche et dans le sens des aiguilles d'une montre, Pierre Labruyère, Etienne Montaigne et Patrick Aigrain]

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