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Les producteurs languedociens de vins bios à la recherche de débouchés
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Plus d'offre que de demande
Les producteurs languedociens de vins bios à la recherche de débouchés

Plus que jamais les acheteurs ont le choix après la très forte hausse de la production de vins bios dans le Languedoc. Les producteurs partent à la recherche de nouveaux clients à l'étranger.
Par Anne Schoendoerffer Le 17 novembre 2022
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Les producteurs languedociens de vins bios à la recherche de débouchés
Christophe Aguilar, propriétaire du Domaine de la Patience, à Bezouce, dans le Gard observe que ses clients s'engagent moins vite cette année - crédit photo : Guilhem CANAL
«

Le marché du bio en vrac est très ralenti car il y a plus d'offres que de demande et que la consommation baisse », lance Pascal Rodriguez, le directeur des Vignerons de Montfrin, dans le Gard.

Avec l'arrivée de nouvelles surfaces certifiées, cette coopérative a récolté 5 000 hl de vins bio, soit environ 10 % de la production de ses 85 coopérateurs. L'année prochaine, ce volume devrait doubler. « C'est la première année que j'ai autant de vrac en bio, explique Pascal Rodriguez. Les blancs de cépage en Pays d'Oc sont faciles à vendre. C’est 20 % de notre production. Pour nos sauvignons, en dessous de 180 €/hl, je ne lâche pas. »

Plus de soucis pour les rouges

Pascal Rodriguez n’est pas non plus inquiet pour ses rosés. En revanche, pour ses rouges – 50% de ses volumes – il pense que ça va être plus compliqué. « Ce marché démarre à peine. Nous avons très peu de visibilité. Nous nous sommes tous mis au bio, mais trop tard. Les Espagnols arrivent avec des prix sur lesquels nous ne pourrons pas nous aligner. » Pour trouver des débouchés, la cave va participer au Salon international du vrac d'Amsterdam (WBWE), les 21 et 22 novembre. « C'est là que l'on verra la tendance », ajoute le directeur.

Christophe Aguilar, propriétaire du Domaine de la Patience, à Bezouce, dans le Gard, est en bio depuis 2008. Il a produit 3 000 hl de vrac à parts égales en blanc, rosé et rouge. Une petite récolte à cause de la sécheresse. Ses clients le suivent depuis longtemps. Mais cette année, ils ne s'engagent pas assez vite. « Le marché a démarré sur les blancs mais pas encore sur les rouges. Côté prix, je pense que l'on va avoir une petite baisse ou une stabilité », pressent-il.

À la cave de La Voie d'Héraclès, à Codognan, dans le Gard, productrice historique de bio, la récolte est en hausse : 110 000 hl, contre 90 000 hl l’an dernier. Jean-Fred Coste, le président affirme avoir vendu toute sa récolte 2021 et précise que « les acheteurs n'ont pas encore tout retiré ».

Un marché mou

Lui aussi trouve que le « marché est mou. Les acheteurs sont prudents. Ils réservent de petits volumes. Pour le moment, ils ont retenu 50 % de moins que l'année dernière », indique-t-il fin octobre. Les prix sont en légère baisse par rapport à 2021. Pour les blancs, ils se situent entre 140 et 180 €/hl, selon les qualités. En rouge, les vins ne sont pas encore prêts, le marché n'a pas commencé. « Il y a beaucoup de volumes. Les acheteurs ont le choix. Ils vont d'abord acheter les belles qualités », prédit-il.

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Jean-Fred Coste, le président de La Voie d'Héraclès, à Codognan, dans le Gard (crédit photo DR)

Alors, sa coopérative se met en quête de nouveaux clients. Elle va aussi participer pour la première fois au Salon international du vrac d'Amsterdam. Elle travaille également de plus en plus avec des courtiers internationaux comme Ciatti ou Murphy Wine Company. Jean-Fred Coste reste résolument optimiste pour la suite de la campagne. Pour une fois, il aura encore du vin à vendre au salon Millésime Bio, fin janvier 2023, à Montpellier. Philosophe, il note que « tous les acheteurs se plaignaient de ne pas avoir de sourcing. À présent, ils en ont ».

 

Des volumes en forte hausse

Selon les dernières données de l’agence bio, les surfaces certifiées AB en Occitanie s’élèveraient à 41 373 ha en 2022, soit 7 800 nouveaux hectares certifiés. Cette augmentation de 23 % devrait se poursuivre car les surfaces en deuxième année de conversion en 2021 s’élevaient à 8 540 ha. Partant d'un rendement à 45 hl/ha, SudVinBio estime qu'en 2022 la récolte en vin bio devrait s’élever à 1,86 million d'hectolitres, toutes dénominations confondues, soit 360 000 hl de plus que l’an dernier. Sur trois ans, de 2020 à 2022, la hausse de l’offre liée aux conversions est estimée de 840 000 hl.

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