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Des vins rouges de Fronton vendus plus de 15 € grâce au Collectif Négrette
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L'union fait la force
Des vins rouges de Fronton vendus plus de 15 € grâce au Collectif Négrette

À Fronton, le Collectif Négrette regroupe une dizaine de domaines qui produisent des rouges haut de gamme. Et se fait remarquer.
Par Colette Goinère Le 13 septembre 2022
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Des vins rouges de Fronton vendus plus de 15 € grâce au Collectif Négrette
Séverine Veyrac, du château de Belaygues à Labastide-Saint-Pierre élabore depuis 2018 la cuvée Le Canard Elégant qu'elle vend 20 € prix public. - crédit photo : DR
«

 Vendre un fronton rouge au-delà de 15 €, ce n’était pas gagné », assure Jérôme Soriano. Et pourtant sa cuvée La Dame Noire fait un tabac. Le vigneron l’a lancée au printemps 2021 avec le millésime 2019 : 1 500 bouteilles à 16,50 € prix public. En quelques mois, tout est parti chez des particuliers et chez un grossiste qui a placé 600 cols dans une célèbre brasserie de Toulouse.

Tout a été affaire de coïncidence pour Jérôme Soriano. À la tête du Château Joliet – 25 ha à Castelnau-d'Estrétefonds –, ce vigneron sort sa Dame Noire, un vin 100 % négrette, au moment où le syndicat de Fronton lance le Collectif Négrette, son cépage phare, pour promouvoir les grandes cuvées de son appellation. La Dame Noire correspondant au cahier des charges du collectif (voir encadré), Jérôme Soriano intègre alors ce groupe avec neuf autres vignerons. « Nous sommes une AOC modeste. Le collectif nous a fait connaître », indique-t-il.

À une quinzaine de kilomètres plus au nord, au Château de Belaygues, 13 ha à Labastide-Saint-Pierre, Séverine Veyrac est entrée dans le collectif pour « mettre à l’honneur notre cépage identitaire » et « pour travailler ensemble », déclare-t-elle. Elle vend la moitié de sa production en bouteilles, l’autre moitié en vrac. Depuis 2018, elle élabore Le Canard Élégant, une cuvée 70 % négrette, 30 % syrah, qu’elle vend 20 € prix public. De 1 800 cols, elle est passée à 2 800 cols en 2020. En 2021, elle n’a pas pu en produire en raison du gel.

De belles retombées

Tous les ans, trois jurys – un de journalistes, un de sommeliers et un de cavistes – dégustent les vins du collectif pour décerner chacun leur coup de cœur. En mai cette année, le Canard Élégant a remporté celui des sommeliers et celui des journalistes. « C’est gratifiant pour nous », indique Séverine Veyrac. Début septembre, deux cavistes l’ont appelée pour recevoir des échantillons et les tarifs. « Cela ne m’était jamais arrivé », lâche-t-elle.

Dans le même village, Marina et Jérémy Iseppi (photo ci-dessous), à la tête du domaine Labastidum, élaborent la cuvée Giove – 70 % négrette, 30 % cabernet-sauvignon –, 17 € la bouteille prix public.

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Crédit photo DR

Sortis en mars 2021, les 2 500 cols du millésime 2019 sont partis en cinq mois chez des cavistes et dans des restaurants étoilés. « C’est le collectif qui nous a permis d’aller vers les restaurants étoilés car Giove a reçu un coup de cœur en 2021. Avec le collectif, on montre le meilleur des vins de Fronton », assure Jérémy Iseppi qui prévoit de produire 4 000 cols de Giove cette année. De quoi alimenter le développement des ventes en bouteilles de ce domaine de 55 ha qui a longtemps livré toute sa récolte en coopérative.

 

Un pari réussi

« On avait un complexe d’infériorité. Aujourd’hui, le pari est réussi : à Fronton, on vend des cuvées haut de gamme entre 15 et 20 € », se félicite Benjamin Piccoli, directeur du syndicat de cette appellation forte de 40 vignerons et de 1 200 ha. Pour faire connaître les meilleures cuvées de son cru, le syndicat crée le Collectif Négrette en 2021. Dix vignerons l’intègrent. Tous doivent s’acquitter d’une cotisation de 1 000 € qui abonde le budget de 30 000 € que le syndicat dégage pour communiquer sur les vins du collectif. De leur côté, les membres se réunissent tous les mois pour déguster leurs vins et des vins d’autres appellations sur le même créneau de prix et s’échanger des tuyaux. Pour se revendiquer du Collectif Négrette, les vignerons doivent être dans une démarche environnementale (Bio, en conversion bio, HVE). Quant à leurs vins, ils doivent contenir au moins 70 % de négrette, provenir de parcelles dont le rendement ne dépasse pas 35 hl/ha et avoir subi au moins 14 mois d’élevage.

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